France, Politique, Régionales 2015

Régionales 2015 : le duel Pécresse-Bartolone agace les autres candidats

La campagne des régionales en Ile-de-France a été dominée ces derniers jours par le duel entre Claude Bartolone (PS) et Valérie Pécresse (Les Républicains), au grand dam des autres candidats qui tentent de recentrer le débat sur la région. 

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

L’affrontement médiatique des deux cadors d’Île-de-France fait de l’ombre aux autres candidats. Depuis l’affaire des tracts de campagne de Valérie Pécresse, révélée le 1er octobre par l’équipe de Claude Bartolone, les deux camps se rendent coup pour coup par médias interposés et par le biais de dépôt de plaintes.

« On assiste à une bataille de cumulards qui nous font des leçons d’éthique. Les voir chercher à régler leur différends par bisbilles judiciaires, c’est mauvais pour tout le monde et en premier pour l’intérêt des Franciliens. Je vais tout faire pour empêcher que les deux majors de cette campagne tuent le débat régional », a assuré Emmanuelle Cosse, la candidate EELV, qui souhaite « montrer comment les écologistes peuvent convaincre avec des solutions concrètes » malgré des sondages en berne (entre 6 et 7,5% d’intentions de vote).

Pierre Laurent, tête de la liste Front de gauche, s’est dit « affligé » de ce duel « qui n’intéresse absolument pas les Franciliens, qui veulent connaître les politiques publiques qui seront menées dans les transports, le logement, l’éducation et la santé ».

« Il y a une exigence très forte de respect des électeurs qui attendent, de ceux qui se présentent, dignité et pas de se vautrer dans une campagne de caniveau », a ajouté le secrétaire national du PCF, qui vise un score supérieur à 10%, alors que les sondages attribuent à sa liste de 8 à 9,5% d’intentions de vote.

« Ils se cannibalisent »

Pour Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France), les deux ténors « se cannibalisent, en s’entraînant l’un vers l’autre vers le bas. Je crois qu’ils font ça parce qu’ils ont le même projet de fond. » Le candidat de la droite souverainiste entend créer « une surprise ». Crédité de 7 à 8% des intentions de vote, ses réserves de voix seront convoitées au second tour et par Valérie Pécresse et Wallerand de Saint-Just (Front national).

Ce dernier renvoie dos à dos droite et gauche et se dit aussi bien « choqué » par les tracts stockés à la mairie de Lizy-sur-Ourcq que par l’enquête préliminaire pour soupçon d’emploi fictif en Seine-Saint-Denis, révélée par Le Monde, qui vise Claude Bartolone. 

Pour autant, sa propre mise en examen comme trésorier du FN pour recel d’abus de biens sociaux, dans l’affaire du financement de son parti, ne l’inquiète guère. « Je ne pense pas que cela puisse peser, le FN a le vent en poupe », assure-t-il.

Pour Wallerand de Saint-Just, le danger vient bien plus du fait « d’être pris en tenaille et du vote utile. En Ile-de-France, il pourrait amplifier la perspective de faire basculer la région (à gauche depuis 17 ans) mais je ferai tout pour démontrer que s’ils votent Pécresse, ça reviendra au même. »

Pécresse et Bartolone ripostent

« C’est une des régions les plus disputées, ça crée un peu plus de tension qu’ailleurs », relève Claude Bartolone, mais « le problème est qu’on est obligé de réagir aux attaques sous peine d’apparaître coupable ». Pour lui, « le degré anormal d’attaques est lié au FN, élevé dans les sondages, et au fait qu’une partie des Républicains a décidé de courir derrière ».

De son côté, Valérie Pécresse affirme quelle ne « se laissera pas détourner de la campagne de propositions qu’elle mûrit depuis 2012 », qu’elle « continuera à développer dans les prochaines semaines », mais pour autant, elle « ne se laissera pas non plus impunément salir car la campagne n’autorise pas tout ». Une manière de dire que la passe d’armes n’est pas près de s’arrêter. 

Avec AFP

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone