Sport, voile

Une nouvelle génération de bateaux pour la Transat Jacques-Vabre

Cela fait trois jours que la transat en double est partie du Havre pour relier Itajai au Brésil. Une course marquée par l’apparition de nouveaux bateaux plus performants.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

Sur les 42 équipages au départ de la Transat Jacques-Vabre, ils sont huit à concourir sur des monocoques et multicoques de nouvelle génération. Des bateaux qui disposent maintenant de « foils » sur les côtés. Cette sorte d’aileron est censée améliorer la capacité du bateau à pleine vitesse. L’effet visuel est assez saisissant, comme le montre cette vidéo du « Team Gitana-Edmond de Rotschild »

« Les foils soulèvent la coque hors de l’eau et permettent de rajouter de la puissance. Ca donne des sensations différentes, on se croit même parfois sur un multicoque » raconte Charles Caudrelier qui est aux commandes du monocoque « Edmond de Rothschild » avec Sébastien Josse. «  On n’en est qu’à la première version, mais c’est évident que c’est l’avenir quand on voit les gains de performance à certaines allures » explique-t-il.

Des avis qui divergent

Si pour certains, l’arrivée des « foils » représente l’avenir, d’autres s’interrogent beaucoup sur la fiabilité de ce système. Sur les 20 monocoques au départ, seuls six recourent à cette nouvelle technologie. Dans un milieu assez traditionnel, les vieux briscards et cousins germains Bertrand de Broc et Marc Guillemot, font partie des sceptiques. « Cette nouvelle génération de bateaux, franchement, j’en attendais mieux. Déjà ça a couté beaucoup d’argent pour un résultat incertain, on verra bien ce qu’il se passe lors de cette Transat », indique Marc Guillemot. Engagés sur le monocoque « MACSF » d’ancienne génération, les deux skippers ne se font pas d’illusions sur leurs chances de victoire finale. « On n’a pas le meilleur bateau, on le sait, mais on est certainement un des meilleurs duos. Ca pourrait nous être favorable tout au long de la course », assure Bertrand de Broc.

Le Vendée Globe en ligne de mire

Pour les monocoques, la Transat Jacques-Vabre représente un test grandeur nature de la mythique course du Vendée Globe, ce tour du monde en solitaire qui a lieu tous les quatre ans. Armel le Cléac’h, deuxième du dernier Vendée Globe, dispose par exemple d’un bateau de nouvelle génération avec « Banque Populaire ». « C’est sûr que ça change visuellement. A naviguer, ça donne des bateaux un peu plus volage à certaines allures. C’est assez impressionnant, on pense que ça va marcher, on n’est pas sûr à 100%. C’est pour ça que la Transat Jacques-Vabre est importante pour nous », explique-t-il.

Si le résultat de la course donnera des indications aux skippers sur l’utilité du « foil », le jeu restera très ouvert en vue du Vendée Globe, dont le départ sera donné le 6 novembre 2016. Plusieurs futurs concurrents sont engagés sur la Transat Jacques-Vabre, mais dans des catégories différentes. François Gabart, vainqueur de la précédente édition, est par exemple à la barre d’un multicoque (« Macif ») de nouvelle génération, ce qui brouille les pistes.

La météo comme principal facteur de performance

L’incertitude principale sur les performances de ces bateaux est liée à leur capacité à affronter les aléas climatiques. Les monocoques de nouvelle génération pourraient pâtir d’une météo changeante, ou de faibles vents. Michel Desjoyeaux, qui embarque avec Paul Meilhat sur le monocoque « SMA » d’ancienne génération, confirme les craintes autour des nouveaux bateaux : « c’est la première fois qu’on voit un bateau aller vite, même beaucoup plus vite que d’habitude. Mais à d’autres allures et avec une météo différente, il va beaucoup moins vite. Si on prend les conditions météo de la dernière Transat Jacques Vabre, à mon sens, les bateaux de nouvelle génération ne seraient pas devant ». Michel Desjoyeaux, double vainqueur du Vendée Globe en 2001 et 2009 ne cache pas aussi sa déception de sortir un peu du cadre du sport : « C’est un choix qui est très lié avec la météo. Alors ce n’est pas joué à quitte ou double, mais forcément ça amène à des considérations qui quittent un peu le sport, ça ressemble plus à du poker, mais c’est amusant aussi le poker ».

 

Après trois jours de course, le multicoque de nouvelle génération Sodebo, avec à son bord Thomas Coville et Jean-Luc Nélias se trouve en tête. Il est talonné de près par Macif de Francois Gabart et Pascal Bidégorry. En IMOCA, les monocoques de nouvelle génération sont un peu à la traine hormis Banque Populaire d’Armel le Cléac’h et Erwan Tabarly en troisième position. Ce sont les « vieux » bateaux qui mènent la course pour l’instant. Queguiner-Leucémie Espoir de Yann Elies et Charlie Dalin, ainsi que SMA du duo Desjoyeaux-Meilhat.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone