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L’addiction au jeu explose en France

Alors qu’un mandat d’arrêt a été lancé aux Etats-Unis contre Thomas Fabius, le fils du ministre des affaires étrangères, ce genre de dérive met en lumière les effets parfois nocifs de la libéralisation des jeux en ligne en France.

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Depuis 2010, la Française des jeux (FDJ) a perdu son monopole sur les jeux d’argent en France. Cinq ans après, de plus en plus de personnes s’adonnent régulièrement à ces paris en ligne et le nombre d’addicts a lui aussi explosé. Avec plus de 800 hébergeurs de site de jeux en ligne, répartis dans 70 pays, le secteur s’adresserait à une audience de quelque 2 millions de personnes en France en 2015.

« Internet c’est la facilité : c’est simple et rapide, et l’argent est virtuel. Mais le mécanisme est le même : c’est l’addiction. Même si c’est sans substances », nous raconte Gwénaëlle Richard, qui s’occupe du standard de SOS Joueurs, une association qui vient en aide aux malades du jeu. « Souvent, les gens qui m’appellent me disent que c’est plus fort qu’eux. Que c’est une pulsion, plus fort que la raison. »

On définit le jeu dit « pathologique » par plusieurs facteurs symptomatiques : la perte de contrôle, les difficultés financières et le recours au mensonge. Cela concernerait environ 200,000 personnes en France. L’histoire des malades du jeu ressemble pour beaucoup à celle de l’alcoolisme ou de la toxicomanie. Le jeu provoque une poussée d’adrénaline similaire à certaines drogues, et pousse l’individu à rejouer tout en augmentant sa dose, dans l’espoir de retrouver le même plaisir qu’au début. Un engrenage qui pousse les joueurs à parier des sommes de plus en plus importantes, les amenant parfois au surendettement, voire jusqu’au délit.

Le site evalujeu.fr, créé par l’Arjel, l’Autorité de régulation des jeux en ligne, a été pensé comme une plateforme d’aide au dépistage des personnes malades du jeu. « Certaines personnes nous appellent car elles réalisent d’elles-mêmes qu’elles ont un problème. Mais on a aussi beaucoup de familles qui nous appellent car leurs proches n’ont pas conscience de leur pathologie. C’est parfois difficile à dépister », poursuit Gwénaëlle Richard.

Lucas Redor, chargé du service client de la Française des jeux (FDJ), déplore que les sites de paris en ligne basés à l’étranger ne suivent pas les mêmes réglementations que la FDJ, qui développe une politique de prévention et de « jeu responsable » depuis des années.

« A la Française Des Jeux, on a une politique de développement extensif, ce qui veut dire qu’on préfère que beaucoup de gens jouent de petites sommes, plutôt que l’inverse », raconte-t-il. « On a des systèmes d’alertes. Si on a un taux de retours trop important, on arrête le jeu. »

Un système de prévention chapeauté par l’Etat, premier actionnaire de la FDJ, qui manque aux nouveaux sites de paris sportifs comme Winamax, pour la plupart basés à l’étranger.

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