France, Justice, transport

Accident de Brétigny-sur-Orge : des erreurs en cascade pointées du doigt

Les victimes de l’accident ferroviaire de juillet 2013 rencontrent aujourd’hui les juges d’instructions chargés de l’affaire. Les multiples causes de la catastrophe sont connues depuis plusieurs années.

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Tristes mines. « Nous sommes déçus, les juges n’ont rien apporté d’intéressant« , soupiraient les familles des victimes et les rescapés de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge (Essonne) à la sortie du tribunal. Ils rencontraient ce lundi 9 mai les trois juges d’instruction en charge du dossier au Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. Une première depuis le début de l’enquête, il y a trois ans.

Le déraillement du train, le 12 juillet 2013, avait fait sept morts et des dizaines de blessés. L’objectif aujourd’hui: obtenir  « l’inventaire des fautes qui pu être commises » selon un des avocats des victimes. Les causes de l’accident sont multiples et peuvent être datées depuis le début des années 1990, selon nos confrères du Parisien. Première défaillance: le système d’aiguillage. Une fissure n’avait pas été détectée. Trois des quatre boulons étaient cassés ou dévissés. Pourtant, « la SNCF veut contester toute sa responsabilité dans cette affaire« , a déclaré Stéphane Gicquel, le président de la Fédération nationale des victimes d’attentats et d’accidents collectifs (FENVAC). 

  • Des erreurs de conception depuis 1991: elles remontent à l’installation du système d’aiguillage de Brétigny. Dès le départ, il y avait des problèmes de géométrie de voies. « Ce n’est pas un seul appareil qui était mal posé mais l’ensemble des appareils, les uns par rapport aux autres. Il fallait tout reposer correctement », déclarait aux enquêteurs la directrice adjointe des infrastructures du pôle sud-ouest francilien, qui chapeaute le secteur de Brétigny.

 

  • Des contrôles insuffisants : la fissure avait été détectée depuis février 2008, mais était restée en place.

 

  • Certains cheminots de Brétigny n’avaient pas suffisamment de compétences techniques. Les lacunes d’une partie du personnel avaient été signalées par un rapport du Bureau d’enquête sur les accidents de transport terrestre (BEA-TT).

 

  • Une situation qui ne pouvait pas être ignorée de la hiérarchie. En 2009, Alain Delaunay, expert de la SNCF affirme : « La situation rencontrée est critique. » Il préconise d’abaisser la limitation de vitesse de 150 à 100 km/h. Mais, aucun changement n’a été effectué. « C’était très vieillissant, il aurait fallu une maintenance renforcée mais on n’en avait pas les moyens », a déclaré un cadre de la SNCF aux enquêteurs.

 

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