Culture, Jeux Vidéos

Le phénomène japonais Yo-Kai Watch débarque en France

Le jeu vidéo Yo-Kai Watch, considéré comme l’héritier de la série Pokémon, est sorti en France il y a quelques jours et il cartonne déjà. Il pourrait même dépasser son prédécesseur et devenir, à son tour, un véritable phénomène de société.

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Entre la France et les jeux vidéo japonais mettant en scène des petites créatures, c’est une grande histoire d’amour. La saga Pokemon, apparue en octobre 1999 avec la sortie des versions françaises des jeux Pokemon Rouge et Bleu, continue encore aujourd’hui de faire vibrer des millions de fans.

De cette franchise était né un véritable phénomène culturel, qui avait envahi les postes de télévision comme les cours de récréation, au point de voir les cartes Pokemon être interdites dans certaines écoles car étant le motif de rackets. Cette fois, pas de cartes, mais un même point de départ à savoir un jeu vidéo au succès exponentiel : Yo-Kai Watch est promis à un succès certain.

L’adaptation française du premier jeu (il en est sorti trois au Japon) est disponible depuis le 29 avril. Dès le premier week-end, 11 000 exemplaires ont été vendus. Pour sa première semaine, le jeu s’est placé en tête des ventes vidéo ludiques de l’Hexagone. Un exploit pour un jeu sur la console Nintendo 3DS, en perte de vitesse et dont les ventes sont habituellement loin de celles des consoles de salon. Pour preuve, seuls trois jeux 3DS (dont le dernier jeu Pokemon) avaient atteint le Top 5 des meilleures ventes sur une semaine cette année. Aucun ne s’était hissé jusqu’à la première place du classement.

Deux long-métrages

L’histoire de Yo-Kai Watch commence au Japon où la série de jeux vidéo rencontre un succès phénoménal au Japon depuis la sortie du premier opus en juillet 2013. En 2014, le deuxième est décliné en deux versions : Ganso et Honke. Il est depuis sa sortie le jeu le plus acheté dans le pays, toutes consoles confondues. Et ce, devant des franchises « historiques » comme Call of Duty ou Metal Gear Solid. La liste de produits dérivés (peluches, fournitures scolaires, et même paquet de céréales) s’allonge au fil des mois et deux longs-métrages sur le jeu ont été réalisés dans l’archipel nippon. Lors de sa première semaine, le second avait battu Star Wars VII, pourtant sorti le même jour.

Yokai

Un jeu mignon mais pas que pour les enfants

Les monstres – appelés Yo-Kai – sont charismatiques, ont des bouilles sympathiques et des techniques d’attaque au nom « kawaï » comme « fureur du chaton« . Yo-Kai Watch ne change pas fondamentalement par rapport à Pokemon : des petites bêtes attachantes à choyer ou à combattre pour qu’elles deviennent notre ami et des péripéties constantes. La recette va pourtant plus loin pour Saku, membre de l’Alliance Rainbow, chaîne de youtubeurs spécialisée dans les jeux Nintendo, qui compte plus de 30 000 abonnés. « L’esprit de collection et l’aventure sont les deux points qui font son succès. Mais le jeu mélange le fantastique avec les Yo-kai, et la société actuelle. On voit bien que le monde de ce jeu est le reflet de celui dans lequel on vit. » Le public visé a entre 6 et 12 ans. Mais le jeu peut plaire à bien d’autres :  « Les enfants sont la première cible. Ils vont aider à créer ce phénomène de mode. Mais on garde un système de jeu à la RPG (NDLR : jeu de rôle), un classique qui peut plaire aux fans de tous âges. » explique Saku.

Stratégie marketing bien rodée

En plus du jeu, le dessin animé est déjà traduit dans 100 pays européens et africains. En France, Yo-Kai Watch était jusqu’ici diffusé sur Boing, une chaîne payante. Mais à partir du 29 août (pile pour la rentrée des classes), il sera diffusé sur Gulli, une chaîne de la TNT. « Je vois bien les enfants se précipiter sur la série » assure Saku. Le même jour, des jouets inspirés du jeu seront commercialisés. Une stratégie marketing bien rodée pour s’implanter dans les foyers français.

Une médaille connectée, contenant un yokai à adopter (ou posséder, c’est selon) offrira ainsi des contenus dans le jeu vidéo et des éléments à télécharger dans l’application mobile dédiée. Avec 200 yokai collectionnables, l’addition pourrait vite grimper. Hasbro, fabricant des jouets, table sur un chiffre d’affaires de 30 à 50 millions d’euros en douze mois, selon L’Express.

Plus connecté que Pokemon ne l’était à la fin des années 90 et profitant des moyens actuels de médiatisation, Yo-Kai Watch s’annonce à minima aussi populaire. Si ce n’est plus, le jeu a comme atout de plaire aux filles. Elles représentent un quart des ventes de la franchise aux Etats-Unis. L’Express avance un chiffre d’affaires de deux milliards d’euros en jouets et produits dérivés à l’international. La machine de guerre virtuelle Yo-Kai Watch va désormais être difficile à arrêter en France.

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