Economie

Non, Anne Hidalgo ne veut pas vous forcer à dénoncer votre voisin

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En début de semaine, Twitter s’est indigné une nouvelle fois. Le motif ? La mairie de Paris voudrait vous pousser à dénoncer votre voisin qui loue son appartement/sa maison (vous avez peut-être des voisins riches) sur Airbnb.

Beaucoup s’en servent pour arrondir leur fin de mois en sous louant une chambre ou leur appartement quand ils partent en vacances. D’autres – une minorité – louent plusieurs logements et en vivent. Les hoteliers de la capitale s’en sont inquiétés à plusieurs reprises. Et l’Etat français a tranché en leur faveur en forçant AirBnB à collecter la taxe de séjour. Lequel le fera, mais pas avant 2017.

107 inscrits sur la liste sur 35 000 logements sur AirBnB

En début de semaine, la mairie de Paris a dévoilé un registre en open data : celui des autorisations de changement d’usage pour les meublés. En français, la mairie de Paris a créé une liste que tout le monde peut alimenter et utiliser où sont enregistrés des résidences principales louées plus de quatre mois par an.

Pour y figurer, il faut faire enregistrer son logement par la mairie de Paris. Ou être « dénoncé » par un voisin. Imaginons, vous êtes lassés d’être réveillé 120 jours par an par le bruit des valises à roulettes qui cognent les marches d’escalier. Vous comprenez bien vite que votre voisin de palier loue sa chambre d’amis sur AirBnb. Et naturellement, vous pensez « a-t-il déclaré cette activité à la mairie ? ». Vous vérifiez sur le site d’Open data de la mairie de Paris et, si le logement est absent de la liste, vous allez le dénoncer aux autorités. Le scénario est peu réaliste. Que les hoteliers dénoncent les locataires le semble tout autant.

Sur les 35 000 logements parisiens disponibles sur AirBnB, on ne sait pas lesquels sont des résidences principales ni s’ils sont loués plus de 120 jours par an. Cent sept sont référencés sur le site de la mairie de Paris. Cette dernière argue qu’il permettra aux touristes de vérifier que le logement loué l’est en toute légalité. Mais cela semble peu probable : le registre est inconnu des utilisateurs étrangers d’AirBnB, et encore faudrait-il que ce soit une question qui les intéresse.

Le gouvernement veut éviter que la location de courte durée ait un effet sur le marché locatif classique

Plus concret, en revanche, l’article 23 quater A inscrit au projet de loi numérique, actuellement examiné par le Sénat, dispose que dans les communes de plus de 200 000 habitants, « une délibération du conseil municipal peut rendre obligatoire, pour toute location d’un local meublé destiné à l’habitation de manière répétée pour de courtes durées à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile, un enregistrement auprès de la commune ».

Une manière pour le conseil municipal de mieux prélever l’impôt sur les logements loués par des non professionnels, mais aussi de mieux identifier les quartiers où les locations de courte durée ont un effet sur le marché locatif « classique ».

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