Economie

Vents favorables pour les chantiers navals de Saint-Nazaire

Les chantiers de construction navale de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, livrent jeudi le plus gros paquebot du monde. Après une période de crise, ils vivent un boom économique.

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C’est un jour particulier pour les chantiers navals STX de Saint-Nazaire, en Loire-Atlantique, en pleine renaissance. Jeudi 12 mai, l’entreprise a livré le plus gros paquebot du monde jamais construit à l’armateur américain Royal Caribbean Cruises Ltd (RCCL), à l’occasion d’une cérémonie. Harmony of the Seas, véritable immeuble flottant, mesure 362 mètres de long et 66 de large, soit cinquante mètres de plus que la Tour Eiffel.

La construction de ce navire de croisière géant a généré 10 millions d’heures de travail pour près de 2 500 salariés de STX France et ses sous-traitants. Les festivités ne sont pas prêtes de s’arrêter. Le 6 avril 2016, Laurent Castaing, directeur général de l’entreprise nazairienne annonçait la signature d’un contrat record : quatre paquebots géants pour quatre milliards d’euros destinés au croisiériste italien MSC.

L’activité repart

Alors qu’en 2012 les syndicats de l’entreprise appelaient l’Etat (propriétaire à hauteur de 33 %) à sauver l’entreprise, le carnet de commande est aujourd’hui rempli jusqu’en 2026. La crise est loin derrière. En 2009, un an après le rachat des ex-chantiers de l’Atlantique par le coréen STX,  l’entreprise se trouvait dans une toute autre conjoncture : le carnet de commande était complètement vide. Le constructeur naval avait même incité ses employés aux départs volontaires et au chômage partiel. STX France a connu ensuite une reprise, mais de courte durée.

La commande annoncée début avril nécessite 500 embauches dans les prochains mois. Entre 2021 et 2026, ce sont donc près de 3 500 postes qui devraient être créés pour la seule réalisation de ce chantier. Avant cette annonce, le carnet de commande était déjà rempli jusqu’en 2020. STX France prévoyait même d’employer entre 120 et 150 personnes cette année, sans compter près de 400 emplois supplémentaire chez ses sous-traitants.Désormais, sans compter la commande passée début avril par MSC, STX France livrera au moins un paquebot par an entre 2016 et 2020.

Belles perspectives

L’entreprise fournit moins de paquebots que dans les années 2000 – 15 entre 2000 et 2003 -, mais les navires de croisières commandés sont beaucoup plus imposants. Entre 2000 et 2005, ils mesuraient en moyenne 253 mètres de long. Saint-Nazaire réalise maintenant des paquebots d’environ 335 mètres de longueur.

Depuis le contrat d’un milliard d’euros signé en décembre 2012 pour Harmony of the Seas, les chantiers ne sont pas descendus sous ce prix. Le contrat signé début avril avec MSC de 4 milliards d’euros est même considéré comme le « contrat du siècle ».

STX France est dans une bonne posture économique. En 2014, la maison-mère coréenne de l’entreprise, propriétaire à 66,6 % aux côtés de l’Etat, qui dispose lui de 33,4 %, souhaitait vendre les chantiers de Saint-Nazaire pour se désendetter. Selon la presse italienne, un concurrent, Fincantieri, était en phase de reprendre le fleuron de l’industrie maritime française. Mais il semble qu’en ces temps favorables, l’heure ne soit plus à la discussion.

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