Défense, Diplomatie

La Russie hausse le ton avant le sommet de l’OTAN à Varsovie

Jeudi 12 mai, l’Otan a inauguré son bouclier antimissile en Roumanie. Vladimir Poutine a immédiatement vilipendé son déploiement. Il y voit une menace envers la Russie, à laquelle il entend bien répondre.

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Un bouclier antimissile basé sur une technologie américaine, d’un coût de plus de 800 millions de dollars, et installé aux frontières de l’Europe et de la Russie, en Pologne et en Roumanie. Ce n’est pas la guerre froide, mais ça en a tout l’air.

Et c’est précisément ce qui inquiète Vladimir Poutine. Pour lui, ce bouclier est une menace envers la sécurité de la Russie. La situation est plus compliquée que cela.

La doctrine russe de la guerre hybride

En 2010, la nouvelle doctrine de la guerre russe est une aubaine pour l’Otan, l’organisation du Traité Atlantique nord, qui se cherche une raison d’être depuis la fin de la guerre froide. Cette doctrine de la guerre constante, dite hybride, qui se base sur la propagande, l’emploi de combattants réguliers ou non et des cyberattaques si besoin, pousse l’Otan à adopter une nouvelle stratégie.

Elle ordonne la construction du bouclier antimissile, officiellement pour se prémunir d’attaques en provenance du Moyen-Orient, particulièrement d’Iran. L’organisation propose même à Poutine de participer à sa construction.

Il refuse. Pour lui, le maintien de l’Otan est une menace en soi, d’autant que la logique bipolaire ne prédomine plus depuis le début des années 1990.

La Russie se montre de plus en martiale depuis 2010. Poutine ordonne l’invasion du Donbass, la région russophone de l’Ukraine, en 2014, puis continue ses avancées sur le territoire ukrainien. Il renforce l’enclave nucléaire de Kaliningrad et multiplie les percées maritimes et aériennes en Europe, les mouvements de troupe et les exercices militaires.

Le sommet de Varsovie s’annonce tendu

En Pologne, en Roumanie, et dans les pays baltes, frontaliers avec la Russie, l’opinion publique s’inquiète de ce regain de tension. Et ça sent dans les urnes. En Pologne, le gouvernement actuel a fait campagne en jouant sur la russophobie. Aujourd’hui, ces mêmes pays affirment que le bouclier antimissile est là pour se défendre de la Russie.

L’Otan ne l’assume pas : pour elle, ces boucliers visent à se protéger de l’Iran. Mais l’accord sur le nucléaire iranien en août 2015 décrédibilise ce discours.

L’Allemagne et la France, les deux leaders européens, sont partisans de l’apaisement. Les autres Etats européens comptent sur l’Otan pour, au mieux, dissuader Poutine de reproduire le scénario ukrainien, au pire, les défendre en cas d’attaque. Les Etats-Unis, quant à eux, veulent réduire leur participation au financement de l’organisation. Ils représentent 75 % des ressources et sont responsables de tous les moyens stratégiques. Hors Europe, l’Otan s’inquiète de la guerre civile en Libye, où l’organisation Etat Islamique se rapproche chaque jour davantage de la capitale Tripoli. Le sommet de Varsovie, en juillet 2016, s’annonce essentiel.

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