Attentats, Défense, Police, Terrorisme

Menace terroriste, délinquance : toujours plus de sécurité

Trois mois après l’attentat de Nice, la ville a renforcé sa sécurité. Mais cela vaut pour toute la France, où de plus en plus de forces de l’ordre sont mobilisées, avec un matériel plus performant.

 

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Vendredi 14 octobre, cela fait trois mois. Trois mois qu’un camion de 19 tonnes conduit par un terroriste a fait irruption sur la Promenade des Anglais, à Nice, le soir de la fête nationale. Le bilan est de 86 morts et plus de 400 blessés.

Un choc pour la ville, qui a décidé de réagir. Elle a renforcé la sécurité des plages cet été, avec le renforcement des patrouilles en fin d’après-midi et en soirée, ainsi que sur les sites touristiques les plus exposés. Puis la ville a annoncé la sécurisation du bord de mer : ajout d’équipement pour qu’aucun véhicule ne puisse monter sur le trottoir de la “Prom”, de câbles d’acier sur le terre-plein central et le trottoir pour éviter les changements de voie, de bornes anti-intrusions, toujours pour protéger le trottoir…

La ville s’est aussi dotée d’une technologie de reconnaissance faciale permettant de détecter les personnes recherchées, notamment les fichés S, en direct sur les images de vidéosurveillance. Pour la rentrée, 100 caméras de surveillance étaient en place devant et autour des écoles. Des badges ont été distribués dans les écoles et des alarmes anti-intrusions mises à disposition. Ces mesures s’ajoutent à la présence de vigiles ou de policiers municipaux devant chaque établissement.

Renforcement de la sécurité ailleurs en France

D’autres villes ont décidé après ce drame, de redimensionner leur dispositif de sécurité. À Lyon et Belfort, les policiers municipaux portent désormais des armes à feu, alors qu’ils n’avaient auparavant que des matraques et des « tasers ».

Mais la menace terroriste n’est pas la seule cause du renforcement du dispositif de sécurité. Après l’agression aux cocktails Molotov, samedi 8 octobre à Viry-Châtillon, de quatre policiers, dont l’un est toujours dans un état critique, Bernard Cazeneuve a promis, lors de son discours annuel aux forces de l’ordre, mercredi 12 octobre, de dépêcher 101 fonctionnaires de police supplémentaires en Essonne.

Les policiers ont été attaqués à coup de jets de cocktails Molotov. AFP/Thomas Samson
Les policiers ont été attaqués à coup de jets de cocktails Molotov. AFP/Thomas Samson

Cette prise de parole du ministre de l’Intérieur était attendue, car les forces de sécurité, très sollicitées depuis les attentats de 2015, réclament plus d’effectifs pour pouvoir continuer à assurer la sécurité des Français et plus de matériel pour remplir au mieux leurs nouvelles missions.

Toujours plus de personnel pour la sécurité

Le gouvernement a déjà avancé sur le problème des sous-effectifs des forces de sécurité. Entre 2012 et 2015, soit pendant les trois premières années du quinquennat de François Hollande, seulement 390 postes avaient été créés, selon la Cour des comptes : 110 pour la police, 280 pour la gendarmerie.

Les attentats de 2015 et le passage du plan Vigipirate au niveau “alerte attentat” ont nettement accéléré la tendance. Directement après les attaques de Paris et Saint-Denis en novembre 2015, François Hollande avait annoncé, au Congrès de Versailles, un “pacte de sécurité”, comprenant la création de 5 000 postes supplémentaires dans la police et la gendarmerie, en plus des quelque 4 000 créations revendiquées depuis 2013. Le projet de loi de finances pour 2017 prévoit qu’il y aura 249 271 postes de forces de sécurité (police et gendarmerie).

Les effectifs remontent donc, mais restent inférieurs à ceux d’il y a dix ans. Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, entre 2007 et 2012, ce sont plus de 13 000 postes qui ont été supprimés dans la police et la gendarmerie. Pour remédier au problème, Bernard Cazeneuve promet que, d’ici à la fin du mandat de François Hollande, 9 341 postes de sécurité, dont 5 744 pour la police et 3 199 pour la gendarmerie, auront été créés.

Une garde nationale en renfort

Pour compléter les effectifs de police et de gendarmerie, le gouvernement entend constituer une garde nationale forte de 85 000 de volontaires d’ici 2018. Pour l’instant, 45 000 personnes seraient mobilisées selon le Ministère de l’Intérieur.

Beauvau veut réquisitionner, en plus des réservistes de la police et de la gendarmerie, des citoyens volontaires. Un site a été mis en place pour informer et les recruter.

François Hollande avait annoncé la création de la garde nationale en juillet.

Des offres sont proposées sur le site, pour attirer des volontaires : 1 000 euros de participation au financement du permis de conduire pour celui qui, engagé avant l’âge de 25 ans dans la Garde nationale, a effectué 50 jours de réserve, 100 euros d’allocation mensuelle pour un étudiant de moins de 25 ans qui s’engage pour 5 ans et effectue 37 jours de réserve annuels, ou encore 250 euros de prime de fidélité pour tout membre de la Garde nationale ayant renouvelé son contrat initial pour une durée de 3 à 5 ans s’il a totalisé au moins 37 jours de réserve sur l’année qui se termine.

Sur Facebook, le gouvernement cherche à recruter des volontaires.
Sur Facebook, le gouvernement cherche à recruter des volontaires. (Cliquez sur l’image pour voir la vidéo, sur Facebook)

Ces concessions financières, de la part du gouvernement, témoignent du réel besoin de soutien des forces de l’ordre dans le contexte de risque élevé d’attentat.

Du matériel adapté à la menace terroriste

La police nationale est équipée d’un fusil-mitrailleur, le HKG36, déjà utilisé dans la gendarmerie. 204 seront déployés dans les Brigades anticriminalité (BAC) parisiennes. En tout, 3 000 HKG36 seront employés en France.

Le HKG36 est bien plus puissant qu'un simple revolver.
Le HKG36 est bien plus puissant qu’un simple revolver.

Les policiers et les gendarmes vont également recevoir 9 700 porte-plaques. Ces gilets pare-balles doivent les protéger des armes lourdes comme les kalachnikovs. Les policiers de BAC recevront 1 474 casques et visières balistiques plus épaisses, 241 boucliers renforcés. A cela s’ajoutent de nouveaux véhicules, des protège-tibias et protège-épaules…  

Le discours annuel de Bernard Cazeneuve, incertain d’être de nouveau au ministère de l’Intérieur en 2017, ressemblait à un discours d’adieu.« Je ne peux pas vous promettre d’être là l’année prochaine », a déclaré le ministre.  Mais la sécurité continuera de croître après lui, car la menace est loin d’être éteinte.

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