Europe

CETA : le veto wallon l’emporte sur la majorité

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Au sud de la Belgique, une région peuplée d’irréductibles Wallons résiste encore et toujours à l’envahisseur… En Wallonie, région francophone de 3,6 millions d’habitants, les dirigeants refusent de ratifier le traité et réclament “plus de garanties”. Explications.

Le Ceta, c’est quoi ?
Littéralement, c’est le Comprehensive Economic and Trade Agreement, soit un traité de 2 344 pages qui scelle l’accord économique et commercial entre le Canada et l’Union européenne (UE). Il permet de “dynamiser”, selon ses promoteurs, les échanges commerciaux entre les deux puissances, en autorisant notamment la réduction des droits de douane. Le traité, signé le 26 septembre 2014, doit être ratifié par tous les pays membre de l’UE. Son ambition est de réduire de 36% à 3% la part des exportations européennes.

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Quelles difficultés rencontrées ?
Bien que les 28 pays membres de l’UE aient accepté de ratifier ce traité, les dirigeants de Wallonie, une province francophone du sud de la Belgique, s’opposent à cet accord. Pour eux, leurs intérêts ne sont pas assez protégés, ils demandent ainsi “plus de garanties”, notamment en termes de protection des agriculteurs face aux puissantes multinationales.

Pour Paul Magnette, le chef du gouvernement wallon, il s’agit également d’une question de timing. “On convergeait bien, on avait une discussion constructive avec les Canadiens mais on n’a pas pu s’entendre sur le temps et je le regrette”, a déclaré monsieur Magnette. Il dénonce également l’opacité des négociations.

Le dimanche 23 octobre, Donald Tusk, le président du Conseil européen, avait lancé un ultimatum aux Wallons : si ces derniers n’approuvent pas la signature de l’accord, l’UE devra annuler le sommet prévu entre les deux parties, prévu le 27 octobre. Bien que la réécriture du texte en février 2016 ait scellé une version définitive plus conforme aux attentes des pays de l’UE, les Wallons refusent de céder à l’ultimatum imposé par Bruxelles.

Comment sortir de l’impasse ?
La ministre canadienne du commerce international, Chrystia Freeland, envoyée sur place par son gouvernement pour poursuivre les négociations, s’est vue incapable de conclure avec la Wallonie. Elle explique : “Il me semble évident, à moi et au Canada, que l’Union européenne n’est pas aujourd’hui capable de conclure un accord international, même avec un pays qui a autant de valeurs européennes que le Canada.”

Pourtant, la Commissaire européenne du commerce, Cecilia Malmström, pense quant à elle que la situation n’est pas si fermée : « d’importants progrès ont été effectués avec les Wallons et [elle] pense sincèrement que ce n’est pas la fin du processus ».

Vers la fin du Ceta…?
Au vue du veto imposé par la Wallonie à l’Union européenne, Bruxelles s’est vue contrainte d’annuler le sommet du 27 octobre, au cours duquel le Ceta devait être officiellement ratifié, en présence du premier ministre canadien Justin Trudeau.

Le refus de la Wallonie a redonné espoir aux citoyens européens opposés au traités. Ils étaient des dizaines de milliers à manifester en France et en Espagne samedi 15 octobre. Une pétition contre le TTIP et le Ceta a également recueillie 3,5 millions de signatures en Europe.

Dernier rebondissement dans l’affaire : le premier ministre belge Charles Michel a annoncé, lundi 24 octobre le refus de la Belgique de ratifier le traité.

 

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