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Pétrole : l’Opep veut convertir la Russie à la baisse de la production

Les pays producteurs de pétrole se réunissaient, ce jeudi, à Vienne, pour pousser la Russie à s’aligner sur leur politique de baisse de la production.

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Moins de 50 dollars le baril, c’était le prix du baril de pétrole coté à New York vendredi 28 octobre. Une situation à laquelle les cours du pétrole semblent s’habituer depuis le début de l’année.

L’une clé du problème se trouve entre les mains de Moscou qui tient une partie de l’avenir du marché pétrolier en suspens. La concrétisation de l’accord sur une baisse de la production d’or noir, arraché à l’issue de la dernière réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en septembre dernier, est en effet ralentie par les tergiversations de la Russie.

Le 2e producteur mondial devra s’accorder avec les membres du cartel, auquel il n’est pas associé officiellement, pour trouver un consensus, avant le sommet du 30 novembre, au siège de l’Opep à Vienne.

L’Arabie saoudite en situation de déficit public

L’accord d’Alger prévoit une baisse de près de 4 % de la production de pétrole des pays membres du cartel, qui s’élève aujourd’hui à 33,39 millions de barils par jour. Un alignement de Moscou sur cette politique se traduirait mécaniquement par un rebond du prix du baril de Brent.

Un changement d’attitude des producteurs d’autant plus crucial que le prix du pétrole a dégringolé de 60% en 5 ans, en raison d’une production toujours excédentaire, la demande étant tarie avec le ralentissement de la croissance mondiale.

Cette chute a provoqué une forte dégradation des finances publiques des pays dépendant de l’or noir, à l’instar de l’Arabie saoudite, qui prévoit un déficit de 87 milliards de dollars (soit xx euros) cette année.

Le jeu trouble de Moscou

Seul ombre – et de taille – qui plane au-dessus des membres de l’Opep : la position de la Russie, non membre de l’organisation et peu encline à la transparence sur l’état de ses réserves.

Premier producteur hors-Opep, la Russie cherche à profiter des restrictions (les fameux « quotas ») que s’imposeraient les autres pays producteurs pour, in fine, bénéficier d’un meilleur prix du baril. D’ailleurs, la production de pétrole russe a augmenté de près de 4 % entre août et septembre 2016.

Le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, s’est félicité, le 21 octobre, d’un record de production de pétrole depuis la chute du bloc soviétique. « La Russie produira 548 millions de tonnes de pétrole l’an prochain », s’est réjouit Alexander Novak.

Une position politique qui conforte les intérêts des acteurs privés du secteur. Le PDG de Rosneft, deuxième plus gros producteur de pétrole russe, Igor Setchine, a déclaré le 20 octobre que « la Russie été en mesure de considérablement accroître ses volumes de production », à quatre millions de barils en plus par jour.

Pourtant, signe que la Russie est désormais prête à négocier, le ministre russe, a jugé « urgent » le rééquilibrage des marchés pétroliers, lundi 24 octobre, lors d’une réunion au siège de l’Opep.

Dispenses et exemptions

Car, dans le même temps, Moscou cherche à éviter une hausse trop rapide du prix du brut qui pousserait les pays importateurs à se tourner vers des énergies alternatives comme le gaz ou l’électricité.

La position bancale de Moscou n’est pas la seule à remettre en cause l’accord d’Alger. L’Irak, membre de l’Opep, réclame une exemption de baisse de la production. Une dispense est déjà accordée à la Libye, le Nigéria et l’Iran.

Selon des observateurs, la concrétisation de l’accord d’Alger, qui reste suspendue à l’attitude de Moscou, n’est pas acquise. Plus gros producteur du cartel, l’Arabie saoudite a un intérêt très limité à montrer seule l’exemple et essuyer les pertes d’une production limitée.

 

 

 

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