accident, transport

Comment un avion peut-il tomber en panne sèche ?

L’hypothèse d’une panne de carburant a été confirmée au sujet du récent crash d’un avion en Colombie. Ce type de panne exceptionnelle est souvent la conséquence d’une accumulation de petites négligences.

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« Lamia 2933 est en panne totale, panne électrique totale, sans carburant ! ». Ce message est celui de Miguel Quiroga, commandant de bord du vol charter qui reliait Santa Cruz en Bolivie à Medelin en Colombie, mardi 29 novembre. A 22h, heure locale, l’avion s’est écrasé à 30 km de la seconde plus grande ville colombienne. 71 personnes ont perdu la vie.

C’est une panne de carburant qui est à l’origine de l’accident, d’après l’Autorité de l’aviation civile colombienne. Cette dernière s’appuie sur le rapport des enquêteurs qui ont inspecté l’épave. Une conclusion que vient corroborer le message de détresse lancé par Miguel Quiroba juste avant le crash. « L’une des hypothèses que nous étudions, vu que nous n’avons pas retrouvé de carburant sur le site du crash ni dans les conduits d’alimentation, est que l’avion est tombé en panne sèche », a déclaré Freddy Bonilla, responsable de la sécurité aérienne à l’Autorité de l’aviation civile colombienne. Sur twitter, Xavier Tytelman, consultant en sécurité aérienne est également venu étayer cette thèse :

Accumulation de petites erreurs

Avec 80 000 vols par jour et seulement 0,02 mort tous les 100 millions de passagers, l’avion est le mode de transport le plus sûr du monde. Les réglementations et protocoles y sont très stricts pour éviter tout accident, très souvent fatal. Alors comment un avion a-t-il pu rencontrer une telle panne ?

« La plupart du temps, la panne sèche vient de l’accumulation de plusieurs petites erreurs « , explique au CFJ, Pascal Robert, ancien du bureau d’étude des simulateurs de vol chez Air France. « Les causes peuvent être nombreuses : un problème d’évaluation de la quantité nécessaire de carburant, une fuite, un problème mécanique« .

Selon des médias brésiliens, le pilote aurait fait preuve de négligence. L’autonomie de l’appareil, un British Aerospace 146 de la compagnie bolivienne Lamia, mis en service en 1999, serait légèrement inférieure à la distance entre Santa Cruz et Medellin. Les réglementations internationales prévoient qu’un avion doit emporter suffisamment de kérosène pour pouvoir voler au moins 30 minutes de plus que le temps estimé pour arriver à sa destination finale.

Mesures d’économie

« L’autonomie dépend de beaucoup de critères « , prévient Pascal Robert. « Le nombre de passagers, la météo aussi : si il a eu le vent dans le nez tout le long, forcément il a dû consommer bien plus que prévu « . Selon l’ingénieur d’Air France, le problème aurait aussi très bien pu venir du jaugeur des réservoirs. Ces derniers peuvent, en cas de rares dysfonctionnements, ne pas indiquer la quantité réelle de kérosène que porte l’avion.

Un dernier problème peut également être survenu : celui de la conversion. Quand le carburant est livré par un prestataire, il est comptabilisé en unité de volume. « Or pour son plan de vol, le pilote doit faire la conversion en masse », rapporte Pascal Robert. « Il peut très bien y avoir eu une erreur, même minime, dans le calcul« . L’enquête doit maintenant déterminer l’origine exacte du défaut de carburant.

Cette catastrophe rappelle que malgré toutes les précautions prises, une erreur est toujours possible. En 2012, trois avions de la compagnie low cost Ryan Air avaient dû atterrir d’urgence à l’aéroport de Valence par manque de carburant. La politique de Ryan Air étant de faire décoller leurs appareils avec le strict minimum de kérosène pour réduire le coût. Une mesure que l’on retrouve aussi chez la compagnie Lamia, dont l’avion s’est écrasé en Colombie.

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