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Michel Cymes, empathiquement vôtre

Il est le médecin le plus connu de France. Celui que les maris s’empressent de photographier au bras de leurs dames. Présent dans le paysage médiatique depuis 25 ans, Michel Cymes, 58 ans, a été élu animateur préféré des Français pour la troisième année consécutive en juin dernier. Le secret du succès de cet hyperactif ? L’empathie, pratiquée dans le privé comme à la télévision.

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Le téléphone à la main et les yeux rivés sur son ordinateur, Michel Cymes jongle imperturbable entre ses mails et messages. Il n’est que 9 heures et le médecin planche déjà sur sa deuxième émission de la journée. A peine rentré de Neuilly-sur-Seine, où il tient tous les jours une chronique pour RTL, le chirurgien ORL prépare dans son bureau d’Issy-les- Moulineaux Le magazine de la santé, qu’il anime quotidiennement sur France 5. «Je vous prie de patienter encore cinq minutes et je suis à vous.» Le ton presque désolé, il doit encore régler les derniers détails d’une matinée…pour le moins chargée. A l’issue de notre entretien, il disposera de trois heures pour visionner un long format sur le Médiator, prendre part à la préparation collective de l’émission et répéter son discours de promotion du nouveau blog santé de l’ancienne Miss France Marine Lorphelin. Effarant, ce rythme semble pourtant parfaitement convenir à Michel Cymes.

«Je suis quelqu’un d’hyperactif. Un boulimique qui a peur du vide, peur de s’ennuyer. Je ne peux jamais rester sans rien faire» confie-t- il. Un proche, Patrick Romedenne, rédacteur en chef à France 2, confirme : «Même en vacances, il est intenable. Debout à 5h30, vous pouvez être sur qu’il a déjà en tête le planning de la journée. Dans la vie comme dans le travail Michel est quelqu’un d’effervescent.» Depuis trois ans, la liste des activités médiatiques du médecin est considérable. A la télévision, il présente trois émissions quotidiennes. Dans la foulée du Magazine de la santé, il anime Allodocteurs, où il répond pendant une demi-heure aux SMS des téléspectateurs. En première partie de soirée, toujours sur France 5, Michel Cymes accompagne Marina Carrère d’Encausse dans Enquête de santé, un format qui explore en profondeur une thématique de santé liée à l’actualité. Sur France 2, il éprouve, démonstration à l’appui, ses capacités physiques et mentales aux côtés d’Adriana Karembeu dans Les pouvoirs extraordinaires du corps humain. Il dirige aussi deux fois par an, avec son « pote » Nagui, l’émission Tout le monde joue avec la mémoire. Au cinéma, il tourne en 2016 dans le court-métrage Film et Pellicule de Thierry Bracq, après avoir déjà participé à une production du réalisateur en 2013 et fait une apparition dans La vérité si j’mens !3 en 2011. Côté édition, il est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages dont en Hippocrate aux enfers, dans lequel il s’interroge sur les fondements de la cruauté des médecins d’Auschwitz, où ont péri ses deux grands-pères durant la Shoah. «J’ai besoin de projets qui me mettent en danger, qui me permettent de me tester dans des domaines totalement nouveaux. C’est mon côté aventurier, ça me sert de remise en question.» Aventurier, mais aussi présomptueux? Le rôle central occupé lors de ses émissions lui a valu les foudres de certains de ses confrères, qui l’ont traité de «mégalo» et «narcissique». Peu habitué aux joutes verbales propres au milieu de PAF, il se défend : « Il faut que je sois leader dans tout ce que je fais, c’est indéniable. Mais cela n’a rien à voir avec la mégalomanie. Je sais m’effacer quand la personne à mes côtés est plus qualifiée que moi» déclare-t-il la voix rauque, probablement affecté que l’on puisse remettre en question son humilité. Michel Cymes érige au rang de règle d’or cette valeur héritée de son père Nathan, tailleur, et sa mère Anna, négociatrice en immobilier. Ses parents lui ont aussi transmis son célèbre humour carabin, qu’il a parfait lors de ses années d’internat à Chartres: «J’étais président du BDE. Forcément, quand tu es chargé de l’animation, tu es toujours dans le spectacle, le premier à faire le con.». Interne, il rentre tous les week-ends au domicile familial du XVIIIe arrondissement parisien. Les chroniques santé qu’il entend à la radio lors de ses aller retour l’inspirent. Jeune médecin lors d’un rallye au Sahara, il franchit le pas. «Des journalistes d’Europe 2 couvraient l’événement. Je les ai approché pour leur proposer des chroniques santé. Ils ont accepté, c’est comme ça que j’ai débuté.»

«Dans ce milieu, tu montes les marches une par une, et tu redescends directement par l’ascenseur»

«Michel se refuse à toute hiérarchie dans ses relations professionnelles, confie Véronique Mounier, son ancienne camarade sur RTL. C’est quelqu’un de très humble, très à l’écoute et qui marche à la confiance. Il réussit presque tout ce qu’il touche. Forcément, dans ce milieu, ça peut faire des jaloux.» Patrice Romedenne ajoute : «Michel n’aime pas les paillettes. A la télévision comme dans notre groupe d’amis, il n’a jamais revendiqué le rôle central. De par son charisme, sa popularité, on lui donne naturellement.»

Elu animateur préféré des Français pour la troisième fois consécutive, quatrième au classement des personnalités préférées entre Simone Veil et Jean Reno, il reste mesuré sur sa popularité : «Bien sûr, cela me fait plaisir. Mais vous savez, dans ce milieu, tout va très vite. Tu montes les marches une par une, et tu redescends directement par l’ascenseur. Je ne veux pas ressembler à ces types qui changent, mettent de côté leur famille et amis et qui finissent par s’écrouler.» L’homme ne quitte jamais des yeux son téléphone sur lequel ses trois fils, âgés de 19, 17 et 6 ans, peuvent l’appeler «trois à quatre fois par jour s’il le faut». Ses journées ne se terminent jamais au-delà de 19h30, et le travail demeure proscrit le week-end. «Je suis très attentif à l’évolution de ma famille. Elle est, avec la médecine, le lest qui me permet de garder les pieds sur terre.»

Deux matinées par semaine, il donne des consultations à l’hôpital Européen Georges Pompidou. Un «besoin viscéral» de contact avec les patients, la nécessité de sensibiliser dans une grande discrétion. «Michel n’est pas ici pour se faire mousser, confie Alain Londero, médecin dans le même service que Michel Cymes. Il n’a pas de passe droit, ne choisit pas ses clients. Il vient simplement exercer sa passion. Cultiver cette pédagogie, cette faculté de faire comprendre aux patients leurs problèmes, dont il fait preuve tous les jours dans son émission.» Pour lui, l’empathie de l’animateur demeure la raison principale de son succès : «Au-delà de sa faculté de vulgarisation assez remarquable, Michel Cymes a toujours le soucis d’apporter à ses téléspectateurs les informations les plus utiles et justes possible. Il agit pour eux.»

«Un type qui ne change pas malgré sa réussite»

En 2015, Michel Cymes s’est marié avec sa deuxième femme Nathalie. Elle travaille à ses côtés comme responsable du site internet de l’émission «Allodocteurs». Le médecin possède de nombreuses passions comme le running, qu’il pratique de manière «quasi quotidienne», mais aussi la musique et plus particulièrement Léonard Cohen, dont il aime écouter le dernier album « un verre de bon vin à la main devant un feu de cheminée les yeux fermés». Volontairement discret sur ses orientations politiques, il affirme qu’il prendra publiquement position contre Marine Le Pen en cas de qualification au second tour de l’élection présidentielle. Pudique, il n’en laissera pas filtrer davantage concernant sa vie privée. «Je veux bien être médiatisé, mais pas ‘pipolisé’. Vous ne me prendrez jamais en photo chez moi en famille.»

Il refuse de se qualifier lui-même de généreux mais reconnaît qu’il est «très sensible» au fait d’aider les personnes qui le sollicitent. Son ancienne partenaire sur RTL Véronique Mounier confie : «Ma mère s’était cassé le coccyx lors d’un voyage en Finlande. En plein tournage, Michel avait pris la peine d’appeler des relations pour la faire admettre dans un hôpital spécialisé». Ami de longue date, Christophe Brun se souvient quant à lui de cet été où, en vacances dans le sud avec leurs amis, l’animateur avait pris place aux milieux des enfants pour des sessions ‘’cahiers de vacances’’.

«C’est ça la clé du succès de Michel Cymes. Un type qui ne change pas malgré sa réussite. Ce même mec qui prend toujours du plaisir à réunir ses amis autour d’une bonne bouffe chez lui, qui s’arrête pendant deux heures au salon de l’automobile pour parler aux gens et qui va à Casto le dimanche. Un gars simple quoi.» Les deux heures accordées par le médecin au cours d’une journée ultra-chargée viendront appuyer son propos.

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