International, Syrie

Alep : l’évacuation des rebelles et des civils est en cours

Une trêve est entrée en vigueur jeudi à Alep-Est. L’évacuation des rebelles armés a débuté après une nuit de violents combats.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

Alep-Est se vide, dans la plus grande confusion. Alors que des milliers de civils ont vécu l’enfer depuis lundi soir, pris au piège sous le feu des armes, l’opération d’évacuation a bien commencé ce jeudi.

Environ 50.000 personnes, en grande majorité des civils, sont encore piégées à Alep-Est, ont estimé jeudi l’émissaire de l’ONU pour la Syrie Staffan de Mistura et le chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault. « Il y a 50.000 personnes, dont 40.000 civils qui ont eu le malheur d’habiter dans cette partie de la ville. Les autres sont des combattants, entre 1.500 et 5.000, et leurs familles« , a déclaré M. de Mistura lors d’une conférence de presse commune avec M. Ayrault à Paris.

Le premier convoi à partir était composé d’ambulances et de bus avec à bord 951 personnes, dont plus 200 rebelles, et 108 blessés dont des insurgés selon une source militaire. Il a quitté dans l’après-midi le quartier d’Al-Amiriyah encore tenu en partie par l’opposition pour se rendre dans celui de Ramoussa, aux mains du régime.

Un peu plus tard, ces véhicules « sont arrivés » en territoire rebelle, dans l’ouest de la province d’Alep, a indiqué Ahmad Al-Dbis, à la tête d’une unité de médecins et de volontaires qui coordonnent les évacuations. En fin de journée, « le deuxième convoi d’hommes armés et de leurs familles à bord de 15 bus a commencé à sortir » du réduit, a affirmé dans la soirée la télévision syrienne.

Un second convoi doit suivre dans la journée

Le premier convoi était ouvert par des véhicules du Comité international de la Croix-rouge (CICR) et du Croissant rouge syrien avec leur drapeaux, suivi par 13 ambulances et 20 autobus verts, selon une journaliste de l’AFP.

« Une fois que le convoi arrivera à bon port, il retournera prendre d’autres personnes pour une seconde navette et ainsi de suite. Nous allons continuer tant que les conditions le permettent« , a indiqué Ingy Sedky, la porte-parole du CICR en Syrie.

Quelque 4.000 rebelles et leurs familles sont concernés, selon la télévision syrienne, par cette opération d’évacuation qui pourrait durer plusieurs jours.

Un convoi qui quittait la zone a essuyé ce matin des tirs provenant de positions tenues par des combattants pro-gouvernementaux, a rapporté la protection civile.

Le président syrien Bachar al-Assad a félicité les Syriens pour la « libération » d’Alep. « Je veux assurer que ce qui se passe aujourd’hui, c’est l’Histoire, que tout citoyen syrien est en train d’écrire », a lancé le chef de l’État dans une courte vidéo postée sur le compte Facebook de la présidence.

 

 

Mercredi, des centaines de Syriens avaient attendu dans le froid de pouvoir quitter Alep-Est, assiégés depuis juillet par le régime. L’espoir d’un accord animait les habitants mais des violences entre insurgés et forces pro-Assad étaient réapparues dans la soirée.

L’accord de jeudi a été annoncé un mois jour pour jour après le début des bombardement menés par l’armée syrienne.. En quatre semaines, l’offensive a coûté la vie à plus de 465 civils à Alep-Est selon l’OSDH, tandis que 149 civils étaient tués par des tirs rebelles à Alep-Ouest.

La perte d’Alep est un revers cuisant pour la rébellion qui avait conquis la partie orientale de la métropole en 2012. De son côté, le régime obtient sa plus importante victoire depuis le début de la guerre en 2011, grâce au soutien primordial de la Russie. Cette dernière et l’Iran doivent participer le 27 décembre à Moscou à une réunion avec la Turquie pour discuter d’une solution politique au conflit en Syrie qui a fait plus de 312.000 morts depuis mars 2011.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone