Harcèlement

L’appli qui aide Paris à protéger les femmes

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Mains baladeuses, insultes, menaces… Dans sa lutte contre le harcèlement sexiste, la mairie s’est trouvé une alliée de choix. A 29 ans, Alma Guirao a créé HandsAway, une application mobile gratuite qui permet de poster une alerte géolocalisée à la suite d’une agression sexiste. La victime peut être mise en relation avec des personnes aux alentours, les « Street Angels », qui peuvent intervenir pour la défendre ou simplement apporter du soutien. La mairie est partenaire de cette initiative, dont le lancement a concordé avec celui de sa campagne contre le harcèlement de rue, en octobre dernier. Elle a distribué des cartes postales qui invitent à télécharger l’application. Deux mois après le lancement, Alma Guirao compte déjà 5000 utilisateurs, et 1 à 5 alertes lancées par jour. Parmi les « Street Angels », 30% sont des hommes. Elle ajoute : « On fera un premier bilan dans 6 mois. Pour l’instant, il est trop tôt pour tirer des conclusions ».

Favoriser une culture de la plainte

Chargée de projet au service égalité intégration inclusion de la mairie de Paris, Christine Guillemaut est enthousiaste. Elle espère bien faire remonter ces données inédites sur la nature et la fréquence des signalements aux services de police. « Il y a quasiment zéro plaintes pour harcèlement. Il faut favoriser la culture de la plainte » explique-t-elle. La loi sur le harcèlement sexuel de 2014 est peu connue, et peu appliquée. « Si une femme vient au commissariat porter plainte pour injures et menaces, on ne la prend pas, par manque de temps ou de preuves. » Se signaler sur l’appli peut alors servir de preuve lors du dépôt de plainte, pour démontrer que la victime s’est sentie en danger. Le « Street Angel » pourra aussi jouer un rôle de témoin – qui fait souvent défaut dans ces situations.

La géolocalisation permettra-t-elle de visualiser les zones les plus dangereuses pour les femmes ? Pour Alma Guirao, ce n’est pas le but : « Les alertes ne restent que 48 heures sur la carte pour ne pas pointer du doigt des lieux en particulier » Même discours chez Christine Guillemaut : « Ce n’est pas le lieu qui est dangereux c’est le fait de se retrouver seul, tard dans la nuit, dans un endroit désertique. »

Les deux femmes veulent aller plus loin. Leur objectif : transférer les données à la RATP et la SNCF pour instaurer un système d’arrêt de bus à la demande, déjà testé à Nantes. Celui-ci permet d’être aux femmes d’être déposée plus près de chez elles. Selon un rapport du Haut conseil de l’égalité entre les femmes et les hommes publié en avril 2015, 100% des parisiennes ont déjà été harcelées dans les transports.

Camélia Echchihab

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