Environnement, Paris

Paris teste Trilib : le début d’une gestion raisonnée des déchets ?

DECHETS. Paris teste Trilib, un nouveau module de tri des déchets dans l’espace public. Quarante bornes ont déjà été installées. Le dispositif pourrait être généralisé à toute la capitale début 2018.

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L’imposant module violet de 4 mètres de long trône, flambant neuf, sur le trottoir de la rue Nationale dans le 13ème arrondissement de Paris. Les riverains se succèdent pour répartir leurs déchets dans les quatre bacs de tri marron, bleu, jaune et blanc.Pascal, la quarantaine, habitant du quartier, est conquis : « Je viens une fois par semaine, chargé de cartons, de verre, de revues. On est très contents de ce dispositif. » Cette borne Trilib a été inaugurée par Anne Hidalgo le 5 décembre, en contrebas de la fameuse dalle des Olympiades, l’un des quartiers les plus densément peuplés de la capitale. Elle fait partie des 40 spécimens d’expérimentation déjà installés dans l’espace publique parisien. Quatre arrondissements en ont été dotés depuis juillet.

Géré par le sous-traitant Eco emballages – en partenariat avec la marie de Paris – ce projet est né de la difficulté d’installer des bacs de tri dans les locaux poubelles des immeubles, trop étroits. Un constat qui explique que le taux de recyclage ne dépasse pas 16% dans la capitale, selon Eco emballage ; « Un gâchis monumental », pour Raphaël Murat, responsable du projet de la société. Grâce aux bornes de recyclage Trilib, le taux de recyclage pourrait atteindre 50%, selon les promoteurs du projet.

« Cela faisait longtemps que les habitants demandaient la mise en place d’un tri sélectif organisé », indique Gwenaëlle Bertrand, chargée de la coordination des collectes dans le 13ème arrondissement. Monique, retraitée rencontrée rue Nationale, fait partie de ceux-là : « J’habite ici depuis 30 ans. C’est fou qu’on ait attendu autant pour pouvoir trier. Jusqu’ici, j’étais obligée de jeter mes déchets en bas de mon immeuble : on n’avait que deux bacs de tri, c’était anarchique ». Alain lui, se rend à la borne quotidiennement avec ses détritus du jour. L’homme de 65 ans salue l’initiative mais déplore que certains ne respectent pas les consignes de tri. « C’est pourtant simple… c’est dommage », dit-il en montrant du doigt un sac poubelle qui dépasse du casier à cartons.

D’une manière générale, le gérant du projet Raphaël Murat parle de retours « très positifs ». Il ajoute : « On récupère déjà plus de 1000 tonnes par station et par mois, et on en espère le double d’ici à la fin de l’expérimentation, fin 2017. L’objectif est quantitatif et qualitatif. Dans les immeubles, 18% de la collecte est impropre au recyclage, car mélangé avec des ordures ménagères. Pour Trilib, c’est moins de 5%, car il s’agit d’un acte volontaire ».

Dans un an, si l’expérience est concluante, la Mairie de Paris prendra en charge le projet. Elle installerait ainsi une borne tous les 350m, soit 1000 au total, comme pour les Vélib.  Sur le long terme l’idée serait d’inspirer d’autres maires de grandes villes. Toutefois, Raphaël Murat reste prudent : « Trilib, est aussi un exercice d’humilité. Il faut que ce soit sobre et fonctionnel, sinon il y a des risques de rejet. » Plusieurs métropoles comme Milan, Buenos Aires ou encore Berlin utilisent déjà ce système.

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