Femmes, Politique

Non, le machisme n’a pas de couleur politique

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«Des femmes au gouvernement, et pourquoi pas un ministère de la Couture ? » ironisait le Général de Gaulle en s’adressant à son Premier ministre. «L’homme du 18 juin» serait fier des partis politiques français actuels. De la gauche à l’extrême droite, tous revendiquent son héritage. Et tous font preuve de machisme.

A l’échelle nationale, le constat est saisissant : seulement 27% des parlementaires sont des femmes. Le rôle du cancre revient à la droite, où la gent féminine ne représente que 17% des effectifs. Ses concurrents l’étrillent souvent sur le sujet, mais aucun ne peut se targuer d’être un modèle de parité. Les centristes font à peine mieux avec 22%, tandis que la gauche (PS, PRG et EELV) affiche un score plus élevé (35%), mais indigne du discours égalitaire qu’elle tient depuis 20 ans. En mars 2015, Claude Roiron, secrétaire nationale aux Droits des femmes et à la parité, réaffirmait encore que « les avancées dans le domaine de la parité ont toujours été l’apanage de la gauche.» L’extrême gauche est le bord le moins inégalitaire avec 39% de parlementaires féminines. L’extrême droite compte 80% d’hommes, mais il apparaît difficile de la juger sur ce pourcentage. Elle ne compte en effet que 5 élus (3 députés et 2 sénateurs).

Même légalement encadrée, la parité n’est pas respectée

Depuis 2000, la législation impose une stricte parité sur les listes régionales et municipales. Pourtant, là encore, elle n’est pas respectée. Les femmes ne représentent respectivement que 47% et 48% des conseillers régionaux et municipaux.

Il existe deux explications à ce paradoxe : les bords qui, comme l’extrême droite, assument des listes non paritaires (seulement 44% de femmes) et paient des amendes. Puis les autres partis, qui se rapprochent de la parité sans l’atteindre, à cause du sexe de leurs têtes de listes. En effet, la majorité des conseils régionaux et municipaux possèdent un nombre impair d’élus. Si la tête de liste est masculine, on retrouve donc, de façon mathématique, plus d’hommes que de femmes.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les femmes «têtes de liste» ne courent pas les rues. Dans les conseils régionaux et les conseils municipaux des dix plus grandes villes de France, elles ne sont que 26% à diriger leurs groupes. La droite, comme la gauche, leur font difficilement confiance avec respectivement 23% et 20% de chefs de file féminines. L’extrême droite s’inscrit dans cette tendance, avec seulement 24% de ‘’dirigeantes’’.

La direction des groupes parlementaires leur est également difficile d’accès, pour ne pas dire inatteignable. Les hommes représentent 93% des chefs de files à l’Assemblée nationale et au Sénat. Seule Eliane Assassi, du groupe ‘’Gauche Démocratique et Républicaine’’ (Extrême gauche), a cet honneur.

La droite n’est pas un parti paritaire, et ne semble pas vouloir le devenir. Lors des prochaines élections législatives, les femmes ne représenteront que 36% de ses candidats. L’extrême droite, elle, n’a pas jugé utile de détailler le sexe de ses candidats. L’éclaircie pourrait venir du PS, qui a affiché son intention de présenter autant d’hommes que de femmes. Reste à savoir si la percée sera assez forte pour briser la forteresse machiste du système politique français.

*Sources : sites de l’Assemblée nationale, du Sénat, des conseils régionaux et des conseils municipaux des dix plus grandes villes de France.

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