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« Ce résultat écrase la droite et la gauche française » : le premier tour vu de l’étranger

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Pour nos voisins, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle ne font que confirmer le rejet des partis traditionnels en Europe.

 

Il est 20 heures, heure française, lorsque les premières estimations tombent. Pendant que des millions de français restaient scotchés devant les grandes chaines de télé, à écouter les éditorialistes spéculer sur la suite, les ralliements des uns des autres, le second tour, les legislatives, la réaction de tel rallié ou de tel soutien…

Les médias étrangers, eux, prennent simplement acte de ce qui vient de se passer : Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont gagné. Ils sont passés devant les partis de gouvernement. “Ce résultat écrase la droite et la gauche française”, constate d’un tweet Sophie Pedder, correspondante du magazine The Economist à Paris. Pour le Washington Post, il s’agit carrément d’un “anéantissement historique (des partis) qui se sont échangés le pouvoir depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale”, en particulier pour le PS, qui termine cinquième. Du jamais-vu dans l’histoire politique française, voilà le constat.

Il n’étonne pas beaucoup les éditorialistes. Pour le Wall Street Journal, l’émergence du duel Macron-Le Pen est symptomatique d’une la “nouvelle ligne de fracture”, celle des partisans de la mondialisation contre ceux du protectionnisme. Mais le clivage est-il si inédit que cela ? Pas sûr, pour Simon Hix. Sur Twitter, cet européiste convaincu et professeur de science politique à la prestigieuse London School of Economics, voit dans ce résultat un retour au clivage droite–gauche… du XIXe siècle. Le débat fait encore rage sur Twitter.

Emmanuel Macron, le soulagement

Twitter, parlons en. C’est le royaume d’Emmanuel Macron en ce soir d’élection. Dès l’annonce des premières estimations, l’émotion en 140 caractères s’empare du réseau social. Il y a ce jeune a américain qui nous en conjure, nous les Français : “Ne laissez pas passer Marine Le Pen !” D’autres, nombreux, ont choisi d’aller au plus simple et lâchent un consensuel “A bas le fascisme”.

L’enjeu de cette élection a été souligné et martelé maintes fois par les médias étrangers, : l’avenir de l’Union européenne se joue à Paris, le 23 avril et le 7 mai. Alors, quand le visage du “golden boy” français qui apparaît finalement sur les écrans de télévision francais, c’est un soulagement pour les leaders européens – les pro-Europe, cela va sans dire. Le premier ministre belge Charles Michels – seul chef d’Etat à s’être exprimé avant minuit -, le ministre allemand Sigmar Gabriel ou encore George Osborne, Secrétaire d’Etat britannique, disent rapidement leur soutien au candidat d’En Marche! sur Twitter.

Pour ¡Podemos!, c’est le Clinton – Trump français

Seul Pablo Iglesias, leader du parti de gauche radicale espagnol Podemos, se désole de l’éviction de son champion, Jean-Luc Mélenchon. Il n’hésite pas, comme de nombreux internautes avant lui, à comparer l’élection française avec le duel Clinton-Trump. Les électeurs français se seraient trompés de candidat, il fallait choisir La France insoumise, qui tient le rôle de Bernie Sanders, seul rempart contre Marine Le Pen – qui jouerait donc Donald Trump.

Pour nos voisins, l’enjeu est politique, certes, mais il est aussi financier. Un bon score, c’est un très bon signal à envoyer aux marchés. En milieu de soirée, la nouvelle tombe : l’euro a bondi Pour Dean Turner, économiste à UBS Wealth Management, “si l’arrivée d’un candidat modéré à l’Elysée est confirmée, les investisseurs seront soulagés”. Ce soir, l’euro a atteint son plus haut taux depuis six mois. Du jamais-vu, décidément.

 

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