Europe, Politique, Présidentielle 2017

FACT-CHECK. Marine Le Pen : « Tous les Français ont constaté l’explosion des prix au moment du passage à l’euro »

Alors que Marine Le Pen fustige l’Europe et l’euro, Emmanuel Macron alerte sur les risques économiques d’une sortie des traités européens et de la monnaie commune. De nombreux Français ont l’impression que l’introduction de la devise européenne dans l’Hexagone a fait grimper les prix. Que disent les chiffres ?

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Pendant le débat de l’entre-deux tours, Marine Le Pen a persisté: « L’euro a eu des conséquences très lourdes sur le pouvoir d’achat des Français. Sa mise en place a entraîné une augmentation spectaculaire des prix ».

Créée en 1992 avec le traité de Masstricht, la monnaie unique est adoptée en janvier 1999 par 11 pays dont la France. En janvier 2002, les pièces et billets européens débarquent dans les poches des consommateurs. Les Français s’y habituent progressivement… Si bien qu’en avril 2017, ils sont trois sur quatre à s’exprimer contre un retour au franc, dans un sondage Ifop pour le Figaro.

Il est vrai que de nombreux consommateurs ont l’impression que les prix ont flambé depuis 2002. Mais les chiffres sont formels : c’est faux.

  • Pas d’accélération de la hausse des prix en France

Les plus farouches détracteurs de l’euro vous le diront : entre 2002 et 2016, les prix ont augmenté. En effet, selon l’Insee, l’indice des prix à la consommation est passé de 82,80 en 2002 à 100,18 en 2016. Soit, en moyenne, +1,5% par an entre 2002 et 2016.

Ce que les anti-euro ne vous diront pas, c’est que les prix à la consommation n’ont pas attendu 2002 pour augmenter. Avant l’introduction de la monnaie unique, la hausse des prix était même plus rapide : entre 1990 et 2002, l’indice a pris en moyenne 1,9% chaque année.

  • Les prix ont continué d’augmenter

La plupart des biens de consommation courante ont augmenté entre 1999 et 2016. C’est par exemple le cas du pain, des journaux, des vêtements pour hommes, des plats et boissons servis dans les restaurants et cafés. L’Insee additionne l’ensemble des produits alimentaires et établit que les prix dans cette catégorie sont en hausse.

S’ajoutent notamment les viandes (+45% entre 1999 et 2016), les poissons et fruits de mer (+37%), les repas pris dans les restaurants scolaires et universitaires (+38,2%) ou encore le logement (+52% – eau, gaz, électricité et autres combustibles inclus).

  • Certains prix ont baissé

Contrairement aux idées reçues, certains produit ont vu leur prix diminuer entre 1999 et 2016. C’est le cas des appareils ménagers, des vêtements pour femmes ou encore des pâtes.

  • Les facteurs « prix » sont variés

En baisse ou en hausse, les prix sont influencés par des facteurs variés. Les prix du café, des céréales et autres matières premières sont soumis aux conditions climatiques, aux prévisions de production, au niveau des stocks par rapport à la demande, à l’intensité des échanges sur les marchés financiers… Autant de variations en amont qui se répercutent sur les prix à la consommation et qui n’ont rien à voir avec la monnaie.

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