France, Législatives 2017, Non classé

Pour les Insoumis, les législatives se feront sans accord avec le PCF

Le PCF et la France Insoumise ne scelleront pas d’accord pour les élections législatives. Cet échec de négociations entamées dès janvier marque l’apogée des tensions entre le PCF et le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite incarner la principale force d’opposition de gauche à Emmanuel Macron.

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Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon risquent d’avoir du mal à s’y retrouver aux législatives. Aucun accord n’ayant été trouvé entre le Parti communiste français et la France insoumise. Et d’un côté comme de l’autre, on craint de revivre 2012. Où malgré un score de 11,1% au premier tour, l’alliance du Parti de Gauche et du PCF, n’avait permis d’obtenir seulement dix députés à l’Assemblée nationale (15 élus étant nécessaires pour former un groupe à l’Assemblée nationale). À l’époque, l’échec était cuisant, malgré un combat mené côte à côte. Désormais, la situation est tendue à l’approche des législatives. Car depuis janvier, le Parti communiste qui compte plusieurs députés sortants et la France Insoumise ont échoué à tomber d’accord sur les conditions de candidatures communes. Principal point de blocage : le souhait du PCF d’investir ses candidats et ceux de la France Insoumise sous une bannière commune, celle de « la force du peuple« .

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à l’origine de cette proposition a essuyé un refus sec. Raison invoquée ? Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ne veut pas briser la dynamique du premier tour et disperser les 7 millions de voix obtenues. À l’approche de la date limite de dépôt des candidatures – le 19 mai – les deux mouvements ont chacun envisagé de présenter plus de 500 candidats, avec à la clé de nombreuses oppositions frontales dans des circonscriptions acquises à la gauche.

La France insoumise à l’offensive

Du côté des investitures, le flou total perdure et les esprits s’échauffent. Les discussions portant d’après le dirigeant communiste sur « sur des « retraits réciproques de candidatures portant sur moins de 15 circonscriptions pour chaque formation sur les 577 » existantes. » D’autres bastions stratégiques font l’objet de tensions pouvant prendre des tournures parfois violentes.

C’était le cas le 4 mai, lorsque des représentants de la France Insoumise ont menacé de déposer plainte contre les communistes « usurpant » l’image de Jean-Luc Mélenchon en l’utilisant sur leurs affiches de campagne.

https://twitter.com/SoChik75/status/860249205671174144

Autre lieu de crispation et de tension, la 7ème circonscription de Seine Saint-Denis (Montreuil et Bagnolet) où vont s’opposer le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, au communiste Gaylord Le Chequer. Sans compter le député sortant PS, Razzy Hammadi. Une véritable guerre des gauches donc, qui a débuté avant même la fin du second tour de la présidentielle.

Le 5 mai Alexis Corbière a publié un post assassin à l’encontre de son rival communiste, où il accuse à mots à peine couverts le PCF de vouloir diviser la gauche : « Le cas de Montreuil et Bagnolet atteste d’une réalité pratique valable dans toute la France. Nous ne sommes pas ceux qui divisent et veulent capter au profit d’un seul parti, la grande dynamique de la campagne présidentielle. »

Petite mise au point sur des petites méthodes…Jusqu'à présent, je suis resté silencieux concernant l'élection lé…

Publié par Alexis Corbière sur vendredi 5 mai 2017

Le PCF partagé entre rire et colère

Pour le PCF, les enjeux sont cruciaux. Les 19,6% acquis par Jean-Luc Mélenchon donnent une position supérieure aux Insoumis dans un rapport de force entre l’ancien parti et la nouvelle force de la gauche radicale. Face aux menaces de plainte, les candidats communistes ont répondu par de multiples détournements. Elsa Martin par exemple, la candidate PCF à Pontault-Combault qui s’arroge le soutien de Beyoncé.

À l’opposé de ces réactions, Pierre Laurent, réitérait ce mardi 9 mai son appel à un accord national, avec « force et un peu de colère« .

Son espoir a malheureusement été douché par la voix de Manuel Bompard, porte-parole de la France insoumise qui dans la soirée du 9 mai a annoncé que « Tous nos candidats porteront le programme « L’avenir en commun » en invitant les 7 millions d’électeurs qui l’ont soutenu à l’élection présidentielle à reproduire leur vote pour une majorité nouvelle à l’Assemblée nationale« .
Tandis qu’au centre, La République en marche attire de nouveaux ralliements, issus du PS exsangue et des Républicains orphelins, la France Insoumise a un boulevard pour incarner l’opposition de gauche. Reste à savoir si cette stratégie de l’autonomie complète à l’égard du vieux parti Communiste lui sera favorable dans les urnes.

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