Economie, France, Politique, Présidentielle 2017

À peine élu, Macron mis en garde par la Commission européenne

Avec la journée de l’Europe du 9 mai résonne l’urgence des chantiers économiques auxquels sera confronté Emmanuel Macron.
Le président élu a appelé à une« refondation » de l’Union Européenne (UE), une question qui constitue une de ses priorités dans son programme.

 

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

L’Europe, on a bien compris qu’Emmanuel Macron l’aimait. Cette affection s’est mesurée dès son élection le 7 mai dernier, après des mois de meetings où fleurissaient les drapeaux de l’Union Européenne (UE).

Le désir d’une UE forte marchait avec lui lorsqu’il s’avançait seul vers la scène de la cour du Louvre. Pyramide dans le dos, hymne européen de l’Ode à la Joie de Beethoven en musique de fond.

Emmanuel Macron, à peine élu, traverse la cour du Louvre pour prononcer son discours de victoire au son de « l’Ode à la joie » de Beethoven.

 

Aussitôt élu, le nouveau président a eu droit à des félicitations mais aussi des mises en garde de la part des leaders européens sur sa politique économique. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s’est chargé de jouer les rabat-joie au lendemain du scrutin  : « Les Français dépensent trop d’argent et ils le dépensent au mauvais endroit ». Mardi 9 mai, c’est le Commissaire européen Pierre Moscovici qui accentue la pression en appelant Emmanuel Macron à sortir la France de la Procédure de Déficit Excessif (PDE). La PDE est lancée par la Commission de Bruxelles quand un pays dépasse le plafond des 3% et peut aboutir à des sanctions.

Pour rappel : en mars dernier, Paris obtenait un délai de deux ans pour ramener son déficit public sous la barre des 3% du PIB grâce au plan Juncker. Mais la Commission européenne prévoit 3,1% pour 2018.

La dette publique française en 2017

Une invitation à l’action pour le prochain chef de l’Etat, afin de palier au fait que les Français « consacrent entre 53% et 57% de leur Produit Intérieur Brut à leurs budgets publics », comme l’a rappelé Jean-Claude Junker.

La stratégie économique d’Emmanuel Macron, l’amoureux de l’Europe, repose sur des mesures déjà jugées « austères » bien que libérales. Passage en revue de ses grandes promesses pour respecter les règles européennes et réformer la politique économique de l’UE.

Réduire les dépenses publiques

  • Pour passer ramener le déficit sous la barre des 3% du PIB, Emmanuel Macron a prévu dans son programme une réduction des dépenses publiques de 60 milliards d’euros en cinq ans, passant entre autres par la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires.

Lutter contre le dumping fiscal 

  •  En entretenant un « Buy European Act » qui réserverait l’accès aux marchés publics européens aux entreprises dont la moitié de la production se situe en Europe.
  •  En mettant en place des instruments de contrôle des investissements étrangers en Europe pour lutter contre la concurrence déloyale chinoise ou indienne sur l’acier, par exemple.
  •  Un « procureur commercial européen » sera également créé. Son but : vérifier que les partenaires de l’Europe tiennent leurs engagements en matière sociale, environnementale ou fiscale. Une façon de porter une attention toute particulière sur le sort des travailleurs détachés dont la directive doit être modifiée à terme. 

 Une meilleure gouvernance de la zone euro

  •  En instaurant un « vrai budget » pour la zone euro qui servirait à financer les investissements d’avenir et prévenir une autre crise économique. Qui en tiendrait les rênes ? Un ministre de l’Economie et des Finances de la zone euro, assorti d’un parlement de la zone euro.

La plupart de ces mesures répondraient à la demande du Medef, de l’Afep (Association française des entreprises privées), du Groupe des fédérations industrielles (GFI) et du Cercle de l’industrie adressée à Emmanuel Macron par courrier le 9 mai. Les quatre grandes organisations et associations patronales proposent un « Pacte européen », visant à doter l’Union Européenne d’un « arsenal de défense commerciale réellement dissuasif ». Un vocabulaire plus que jamais belliqueux.

 

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone