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Emmanuel Macron : le président le plus européen de la Ve République ?

Emmanuel Macron l’a confirmé en se rendant en Allemagne pour son premier déplacement : l’Europe sera l’une des priorités de son quinquennat. Le nouveau gouvernement, révélé mercredi, s’inscrit dans cette dynamique.

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Une « refondation historique de l’Europe » : c’est la ligne directrice que s’est fixée le nouveau président de la République. Au lendemain de son élection, Emmanuel Macron était déjà en Allemagne pour rencontrer la chancelière Angela Merkel, confirmant l’engagement pro-européen porté tout au long de sa campagne.

En rebaptisant le ministère des Affaires étrangères « ministère de l’Europe et des Affaires étrangères », le nouveau président envoie un message clair : il fera passer les 26 pays de l’Union avant le reste. Un engagement qui se reflète dans le profil de certains ministres nommés au gouvernement.

Jean-Yves Le Drian

En passant de la défense à la diplomatie, le nouveau patron du Quai d’Orsay prolonge en quelque sorte son exercice du précédent quinquennat. La lutte contre l’organisation Etat islamique, l’une de ses priorités, lui a déjà permis de rencontrer de nombreux ministres étrangers. Autre chantier possible : une Europe de la défense.

Marielle de Sarnez

Proche de François Bayrou, la nouvelle ministre chargée des Affaires européennes est la deuxième figure de l’Europe au gouvernement. Cette députée européenne (depuis 1999) a participé à la fondation du Parti européen démocrate, dont elle est la secrétaire générale depuis 2009.

Sylvie Goulard

Elle est probablement la plus européenne de tous les ministres. Nommée au ministère des Armées, elle s’est portée candidate à la présidence du Parlement européen en 2016. Polyglotte (elle parle couramment l’anglais, l’allemand et l’italien), elle a un fort réseau outre-Rhin et est à l’origine de la première rencontre entre Angela Merkel et le candidat d’En Marche !.

Bruno Le Maire

Le nouveau ministre de l’Économie l’a déjà annoncé : il se rendra en Allemagne lundi 22 mai pour rencontrer son homologue, Wolfgang Schäuble. Ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes (2008-2009), ce germanophone affirme partager avec le président de la République la « conviction (…) que rien ne se fera en Europe sans une amitié franco-allemande solide. »

Une politique européenne aux contours flous 

Emmanuel Macron, président le plus européen depuis la construction européenne ? Gilles Raveaud, maître de conférences à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8, le reconnaît : « Il a assumé son orientation européenne tout au long de sa campagne, une première pour un candidat à la présidentielle. »

À ses yeux, la nomination de plusieurs ministres pro-européens est un signal fort envoyé à Bruxelles. « Les questions européennes avaient été désinvesties par les principaux partis de gouvernement en France depuis des décennies. Avec ce nouveau gouvernement, la diplomatie française va être plus active, grâce à la présence de ministres plus au fait des dossiers. »

Pour le maître de conférences, un doute subsiste toutefois sur la façon dont Emmanuel Macron va aborder la question européenne durant son quinquennat. « On ne sait pas vraiment ce qu’il veut faire, estime-t-il. Il peut soit aller dans le sens d’un alignement sur les politiques d’austérité que défend l’Allemagne, soit réorienter l’Europe. »

La nomination au sein du même gouvernement de Bruno Le Maire, défenseur de la réduction des déficits, et Nicolas Hulot, favorable à une ligne écologique et sociale forte, est à l’image de ce qui attend le nouveau président de la République sur la scène européenne. « Il devra choisir entre deux orientations incompatibles, prévient Gilles Raveaud. On verra bien ce qu’il fera. »

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