Attentats, Factcheck, Terrorisme

Attentats de Manchester : débusquer les fake news

Inquiétude, rumeur, flot discontinu d’informations sur les réseaux sociaux : les fake-news ont tendance à ressurgir de façon récurrente lors d’attentats. Comment faire le tri au milieu de la myriade de news propagées sur les réseaux sociaux, tant par les internautes que par les médias ?

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En plein concert de la chanteuse américaine Ariana Grande, un kamikaze s’est fait exploser lundi 22 mai à Manchester. Dans le mouvement de panique qui a suivi l’attentat, au milieu des bribes d’informations sourcées qui ont filtré tout au long de la nuit : des fake-news, de vrais appels à témoins pour fausses disparitions et autres fausses informations se sont propagées sur les réseaux sociaux. Parfois même agrémentées d’images pipées d’autres événements antérieurs.

 1- Les faux bilans 

L’ampleur de la tragédie de Manchester a été déformée par certains médias comme l’agence russe Sputnik. Le site a rapporté que l’attaque aurait fait 120 blessés. Des chiffres largement exagérés, quand l’Agence France Presse fait état le 24 mai à 15h54 de 22 morts et d’une soixantaine de blessés.

Face à ce type de données, on a naturellement tendance à faire confiance, surtout quand les chiffres sont précis. Pour s’assurer de la véracité d’un bilan lors d’un accident ou d’un attentat, il est nécessaire de prêter attention aux sources de l’information.

On peut de préférence se tourner vers des agences de presse et médias reconnus tels que l’AFP, Reuters, Le Monde, France télévision, le Figaro… Certains d’entre eux sont en plus dotés de cellules de fact-checking dont l’essence est de débusquer les mensonges. Surtout, il est essentiel de recouper les données quand il n’y a pas de déclaration officielle. Si un bilan diffère sur deux médias, on peut continuer à chercher sur d’autres pour voir lequel se confirme. Il faut rester vigilant à l’heure et à la date de publication de l’information.

2- Les faux évènements en marge

Dans ce vent de panique qui a saisi Manchester, un méta évènement fait le tour de la toile : l’hôpital d’Oldham aurait été confiné. De nombreux retweets incitant les citadins à éviter le quartier. Selon la rumeur il y avait un forcené armé à l’extérieur.

Le conseil de l’hôpital a rapidement démenti.

Dans le cas où des rumeurs commencent à enfler sur un méta-évènement dramatique qui se dérouleraient dans la foulée d’un attentat, le premier réflexe est de vérifier les fils de la police. En général, quand une fusillade a lieu, ils bouclent le périmètre. Autrement, toujours chercher les informations plusieurs fois auprès des médias crédibles. Les organes de presse ne sont pas à l’abris de commettre des erreurs même avec des reporters sur le terrain.

3- Les faux missing

Avec la violence des attaques terroristes qui ont frappé l’Europe ces dernières années, un système d’alerte disparitions s’est mis en place. Aide précieuse qui fait appel à la solidarité, certains en détourne l’usage. Plusieurs fausses disparitions sont partagées de façon virale avant d’être débusquées.

C’est le cas de cette annonce concernant la disparition d’un petit garçon trisomique qui s’avère être le détournement d’une campagne publicitaire pour des vêtements !

Lorsqu’il y a un doute concernant la véracité d’une disparition : on peut déjà s’intéresser à l’existence de la personne sur internet et à son identité numérique. Dans le cas de ce petit garçon, la photo était détournée et donc l’aspect fake facilement prouvable.

4- Les fausses photos

Après l’explosion, une fausse photo d’Ariana Grande avec du sang sur la joue a circulé sur Twitter comme si elle venait d’être prise à Manchester. Il s’agit en fait d’un cliché avec du faux sang sur le tournage d’un film dans lequel elle a tourné en 2015 ! Des photos du Bataclan qui n’avaient pas été diffusées dans la presse à cause de leur caractère violent ont aussi été détournées sur les réseaux sociaux pour parler de Manchester.

Pour vérifier si les photos ne sont pas sorties de leur contexte, une première étape permet de vérifier qu’elles ne sont pas associées à d’autres faits : pour cela, on peut les chercher dans l’outil image de Google. D’autres outils plus élaborés existent comme http://exif.regex.info/exif.cgi, qui permet de retracer l’origine de la photo.

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