Etats-Unis, Europe, France, International, Politique

Otan : les Etats-Unis devraient rester les premiers contributeurs

Donald Trump se rend à Bruxelles pour rencontrer les responsables de l’Otan ce jeudi. Il avait durement critiqué l’Alliance jugée ultra-dépendante des Etats-Unis pendant la campagne présidentielle. Retour sur les missions et le financement d’une organisation héritée de la Guerre froide.

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone

C’est une relation tumultueuse qui va connaitre un tournant. Après avoir joué sa propre partition du « I want my money back », façon Margaret Thatcher, Donald Trump rencontre ce jeudi les Etats membres de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (Otan). La question de la participation au financement de l’Alliance sera au coeur des discussions. Le milliardaire avait notamment affirmé sur Twitter que « l’Allemagne doit d’importantes sommes d’argent à l’Otan et aux Etats-Unis ».

Le mini-sommet se déroulera au nouveau siège de l’Alliance, inauguré pour l’occasion. La nouvelle bâtisse située à Bruxelles a coûté la bagatelle d’1Md€, soit environ la moitié du budget de fonctionnement de l’organisation. Les Etats-Unis, premiers contributeurs à ce budget, ne cessent depuis plusieurs années de demander aux autres pays une participation plus importante. Comment fonctionne le financement de l’Otan et à quoi sert-il ?

Budget restreint et missions coûteuses

Le budget de l’Alliance, créée en 1949, ne permet pas de couvrir toutes les missions qui lui sont confiées. Les Etats-membres apportent une contribution directe à l’organisation, calculée tous les deux ans selon le poids économique à chaque pays. Celle des Etats-Unis s’établit à 22%, contre 10% pour la France, troisième contributeur derrière l’Allemagne. Ce mode de financement permet d’assurer le fonctionnement quotidien du siège et des états majors installés sur les territoires des Etats membres.

Mais ce budget commun n’a jamais dépassé les 2 milliards de dollars. Et surtout, il ne permet pas de financer les opérations militaires ponctuelles, véritable raison d’être de l’Otan.

 

 

Pour envoyer des militaires sur un terrain de guerre, ce qui nécessite énormément de moyens, l’Otan a mis en place un système de financement indirect. Pour les Etats-Unis, c’est ici que le bât blesse car l’argent utilisé provient directement des budgets de défense nationaux. Le pays de l’Oncle Sam consacre la moitié de son budget fédéral à la défense, soit 597 milliards de dollars. Cette somme correspond peu ou proue à 72% du financement indirect de l’Alliance. Les vingt-six autres Etats membres se partagent donc les 28% restants.

2% du PIB pour tout le monde

Ce déséquilibre s’est accentué après les attentats du 11 septembre 2001, lorsque les Etats-Unis ont considérablement augmenté leurs dépenses militaires. A contrario, depuis la chute du mur de Berlin et la création de l’Union européenne, les budgets de défense en Europe ont considérablement baissé. De plus, ce n’est que depuis la crise ukrainienne en 2015 que la défense s’inscrit à nouveau parmi les priorités de Bruxelles.

En 2014, les vingt-six Etats membres ont ainsi promis d’investir davantage dans l’Otan, pour atteindre à l’horizon 2020 une participation égale à 2% de leur PIB. Actuellement, seuls cinq pays de l’Alliance atteignent cet objectif : les États-Unis bien sûr, le Royaume-Uni, la Grèce, l’Estonie et la Pologne.

Il reste un problème de taille: la contribution indirecte est annexée sur le Revenu National Brut (RNB). Et celui des Etats-Unis fait partie des plus élevés du monde. L’Otan restera donc financé en grande partie par les Américains. L’Alliance a été créée dans un contexte de Guerre froide afin de souder le bloc occidental autour des Etats-Unis. Ce contexte originel continue et continuera de peser sur le fonctionnement de l’Otan. Au grand dam de Donald Trump.

Lire aussi

>> VIDÉO. Que propose Trump à l’OTAN ?

Tweet about this on TwitterShare on FacebookEmail this to someone