Donald Trump, Justice, Politique américaine

Trump n’en a pas fini avec l’impeachment

Alors que de plus en plus de voix aux Etats-Unis réclament la destitution de Trump, les Philippines ont reçu cette semaine, après la Russie, des informations confidentielles de la part du président américain. De quoi le précipiter vers la sortie ?

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Seulement quelques semaines après l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, les sénateurs commençaient déjà à parler d’impeachment (destitution). Une succession d’erreurs du président entrant ont renforcé le phénomène.

D’abord perçu comme une obstruction à la justice, le licenciement de James Comey, directeur du FBI (chargé d’enquêter sur le nouveau président et ses liens éventuels avec la Russie pendant sa campagne) a indigné républicains et démocrates.

Une cellule d’enquête autonome et indépendante de toute pression politique, dirigée par un ancien patron du FBI Robert Mueller, a été mise en place la semaine dernière. Son but est d’enquêter sur d’éventuels liens avec la Russie dans le cadre de la campagne de Trump et sur « tout autre point  » découlant du résultat des investigations.

Ensuite, la divulgation d’informations sur une opération de l’Etat islamique, au Kremlin le 10 mai dernier, a fait douter les américains de la capacité de Trump à protéger le secret défense. L’indignation générale des services de renseignements américains et de la sphère politique ne l’ont pas empêché de récidiver, en informant Roberto Duterte de la position de sous-marins nucléaires américains au large de la Corée du Nord, indiquait le 23 mai l’Agence France Presse.

Trump destitué, Pence pourrait prendre le relai

De nombreuses pétitions ont fleuri sur les réseaux sociaux, comme celle de psychiatres américains dont le Docteur Lance Dodes, qui considèrent le nouveau président « psychologiquement inapte à exercer ses fonctions « . Juste après le renvoie de Comey du FBI, le sénateur Bumenthal tirait la sonnette d’alarme : « Virer Comey pourrait très bien déboucher sur une procédure de destitution « . Le 18 mai dernier, peu de temps après le scandale des documents russes, le représentant démocrate du Texas Al Green, à l’instar d’un de ses confrères Maxime Waters se montrait favorable à une procédure de destitution du président Trump :

« Le président Tump n’est pas au dessus des lois. Il est sous le joug d’une procédure de mise en accusation et devra faire face aux charges qui pèsent contre lui. S’il advenait qu’il ne s’y plie pas, il causerait une défection du respect des Américains en eux même, en les lois et en toutes les normes sociétales qui sont propres aux Etats-Unis ».

Pour autant, l’ancien candidat à la présidentielle et chef de file des démocrates Bernie Sanders ne se prononce pas : « Je ne veux pas sauter à la case destitution tant qu’un chemin ne nous y conduit pas. Peut-être qu’il nous y mènera, peut-être pas ». De nombreux républicains tentent de défendre coûte que coûte leur président. 

Mais sur la toile, les internautes prennent la mesure de ce qu’impliquerait une destitution de Donald Trump : un remplacement de Mike Pence, son vice-président. Le sénateur Wilson a confié à Vanity Fair que cela ne l’étonnerait pas si Pence plannifait sa survie post destitution, si elle a lieu.

« ll n’est pas stupide et a conscience qu’il pourrait il y avoir une très mauvaise fin de partie pour Donald Trump », avant d’ajouter, « Ce type est capable d’assembler les toutes les pièces d’une sorte de plan de jeu sur le long terme. »

Si l’impeachment est plausible, il n’est pas à l’ordre du jour

Ce qui est certain pour l’heure, c’est qu’avant que Trump ne soit déclaré coupable de délit fédéral, crime, trahison, obstruction à la justice ou corruption il est impossible de le destituer. « Quels sont les faits ? Quelles lois a-t-il enfreint ? » s’insurgeait la sénatrice républicaine Nancy Pelosi.  La procédure d’impeachment si elle est votée à majorité par le congrès (chambre des représentants et sénat), n’entraîne pas directement la destitution mais un procès.

La chambre des représentants à la manière d’un grand jury et d’un procureur établit les raisons d’une possible destitution, auditionne les témoins suite à l’enquête, avant de passer la main au sénat qui tient le rôle du jury et des juges. L’ouverture d’un procès de destitution peut prendre des mois voire des années. Pour Bill Clinton à cause de son parjure dans l’affaire Lewynski cela avait pris trois mois. Jusqu’à présent « aucun président n’a été démis de ses fonctions à cause d’un crime » ou d’un délit, a indiqué à CNN le Senateur King.

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