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Les précédents couples « it’s complicated » franco-russes

Emmanuel Macron a rencontré Vladimir Poutine pour la première fois ce lundi. Difficile de dire à quoi ressemblera ce nouveau couple franco-russe, tant les précédents ont été singuliers. Retour sur 30 ans de relations plus ou moins diplomatiques entre la France et la Russie.

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Mitterrand x Eltsine

En 1991, au sortir de la guerre froide, l’URSS cesse d’être ce qu’elle est pour devenir la Fédération de Russie que l’on connait aujourd’hui. Boris Eltsine en devient le premier président.

En 1995, les commémorations de la Victoire du 8 mai sont l’occasion d’une démonstration de force pour la Nouvelle Russie. Sur la Place Rouge, à Moscou, 4 500 vétérans défilent au pas de charge. Bill Clinton, président des États-Unis, et John Major, Premier Ministre britannique, sont présents. François Mitterrand, alors président, refuse d’assister à ce spectacle à la gloire de la guerre. Plus tard, lors du dîner officiel, il prononce un discours pour la paix et fustige la guerre en Tchétchénie.

Chirac x Eltsine

Jacques Chirac participe au réchauffement des relations franco-russes. Le président se prend même à lancer quelques mots en russe. Pour évoquer son homologue Boris Eltsine, Chirac emploie le terme « ami ». Il l’accueille même à l’Élysée en 1997 avec une accolade chaleureuse et une petite bise.

La rencontre a lieu à l’occasion de la signature de l’acte fondateur régissant les relations à venir entre l’Otan, élargie à certains pays d’Europe centrale, et la Russie. Durant leurs mandats communs, les deux hommes, de la même génération, entretiendront des rapports chaleureux.

Chirac x Poutine

Lorsque Vladimir Poutine succède à Boris Eltsine au Kremlin, Jacques Chirac fait en sorte de conserver de bonnes relations.

Tellement bonnes qu’en 2006, Jacques Chirac décide d’élever son homologue russe à la dignité de Grand croix de la Légion d’honneur. Pour lui, la Russie de Poutine est désormais « fermement engagée sur la voie de la démocratie ». Pour autant, la cérémonie aurait dû rester secrète : Jacques Chirac prend soin de ne pas convier la presse. Las, la télévision russe diffuse des images de la cérémonie en grande pompe dans les salons de l’Élysée.

En France, ces images font énormément réagir. Reporters sans frontières (RSF) parle de cérémonie « choquante ». Pour tenter de mettre fin à la polémique, Jacques Chirac a expliqué qu’il n’était « pas question de nier » le respect relatif des droits de l’homme en Russie.

Sarkozy x Poutine

Le première rencontre entre Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine a lieu en 2007, lors du sommet du G8 en Allemagne. Après un tête à tête avec Poutine, le tout nouveau président se présente en conférence de presse. Il semble hilare et confus. Beaucoup de journalistes le pensent ivre. On apprend plus tard que Nicolas Sarkozy est tout simplement « KO debout » après son échange avec Poutine. Le président russe se serait montré agressif, autoritaire, menaçant même d’écraser le président français.

Explication ? Peu de temps avant son élection, dans un entretien accordé à la revue Le Meilleur des mondes en novembre 2006, Nicolas Sarkozy annonçait qu’il ne serrerait pas les mains « tachées du sang des Tchétchènes ». 

Entre 2008 et 2012, Vladimir Poutine cède sa place au Kremlin à son ancien président du gouvernement : Dmitri Medvedev. C’est donc à lui que Nicolas Sarkozy aura principalement affaire. Nicolas Sarkozy l’imagine alors en homme de paille de Poutine. Et il ne se trompe qu’à moitié. Le véritable homologue du président français, pendant près de quatre ans, sera bien Vladimir Poutine. C’est ensemble que les deux hommes traitent l’imbroglio diplomatique de la guerre en Géorgie.

Hollande x Poutine

En quittant l’Élysée, François Hollande a légué quelques dossiers sensibles à Emmanuel Macron. Parmi eux, celui de l’intervention en Syrie, un sujet de discorde sous-jacent depuis 2012. Durant cinq ans, Vladimir Poutine, catégorique sur le dossier syrien, reproche à François Hollande d’être trop réservé. En octobre 2016, c’est la rupture finale. Le Kremlin repousse la visite du président russe à Paris. La raison ? François Hollande a parlé de « crimes de guerre » à Alep, faisant référence à l’intervention russe.

Avant cette décision du Kremlin, François Hollande exprimait son point de vue sur cette situation lors d’une interview à Quotidien.

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