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France insoumise : Haro sur le Parti socialiste !

Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon espère réitérer son score de l’élection présidentielle lors des législatives des 11 et 18 juin. Mais la stratégie de son mouvement fait débat : la plupart des têtes d’affiche ont été parachutées dans des circonscriptions acquises à la gauche.

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« Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer ! » Jean-Luc Mélenchon a clairement affiché son objectif le 11 mai dernier à Marseille, où il brigue le mandat de député de la 4ème circonscription des Bouches-du-Rhône. Le chef de La France insoumise joue gros lors de ces élections législatives. Son mouvement espère devenir la première force de gauche devant le Parti socialiste (PS) et, par conséquent, le premier parti d’opposition à la politique d’Emmanuel Macron.

Après un score record à la présidentielle où il a récolté 19,58% des suffrages et loupé la qualification au second tour à 600 000 voix près, Jean-Luc Mélenchon veut transformer l’essai à l’Assemblée nationale. Mais le parachutage de certaines têtes d’affiche de son parti dans des circonscriptions acquises à la gauche fait débat.

Un manque de prise de risque ?

Patrick Mennucci, député socialiste sortant de la circonscription où souhaite s’implanter Jean-Luc Mélenchon, ne pèse pas ses mots.

« En venant dans la seule circonscription de l’arc méditerranéen où le Front national n’a aucune chance d’être au second tour (14,3% au premier tour de la présidentielle), où la droite ne peut l’emporter (10,8% au premier tour de la présidentielle), il montre que son seul combat, le sens de son engagement politique est le combat gauche contre gauche » – Patrick Mennucci, député (PS) des Bouches-du-Rhône.

Plus généralement, les adversaires de la France insoumise accusent l’ex-candidat à la présidentielle de parachuter ses principaux cadres et lui-même dans des bastions du PS ou du Parti communisme sans prendre le risque d’aller chasser sur les terres Front national (FN), comme il expliquait le faire pendant la campagne présidentielle.

Info ou intox ?

Aucun des cadres ou têtes d’affiche du parti n’est candidat face à une figure médiatique du FN. En 2012, Jean-Luc Mélenchon avait échoué à battre Marine Le Pen à Hénin Beaumont. Il n’a pas souhaité tenter une nouvelle fois l’expérience. La France insoumise envoie cette année Jean-Pierre Carpentier, un architecte local à la retraite inconnu du grand public, face à la patronne du FN.

Seul le lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, se retrouve parachuté dans un département où le FN a fait un score élevé lors de l’élection présidentielle : le Pas-de-Calais, où le parti de Marine Le Pen avait atteint plus de 30% des voix. Mais le cadre a bien choisi sa circonscription : il se présente dans une circonscription majoritairement socialiste.

La plupart des cadres de La France insoumise sont quant à eux restés en Ile-de-France, le département où le FN réalise ses plus faibles scores. A Paris, il n’a récolté que 4,99% des voix.

Treize cadres de La France insoumise sur quatorze se sont implantés dans une circonscription majoritairement de gauche. Dix d’entre eux sont candidats là où le FN a fait aux législatives de 2012 un score inférieur à son score national de 13,60%.

L’ancrage local ne permet pas non plus de justifier la non-participation des cadres du parti dans la bataille contre le FN : les cinq cadres parachutés l’ont été dans des bastions de la gauche.

Une élection nationale ?

« Il est où le problème ? Nous sommes bien dans une élection nationale, mon programme est le programme présidentiel de Jean-Luc Mélenchon. Les députés siégeront tous à Paris. Le député sortant était un local. Quels avantages pour le bassin minier ? Que je sache, il n’a pas laissé un bon souvenir… Un parachutage, c’est quand les partis envoient leurs barons pour une élection locale » – Djordje Kuzmanovic, lieutenant de Jean-Luc Mélenchon, au quotidien la Voix du Nord.

Jean-Luc Mélenchon va même plus loin : « Je suis parachuté partout. Je suis partout chez moi. La France est ma patrie. » En tout cas, les électeurs ne semblent pas lui en tenir rigueur puisqu’il serait largement en tête dans sa circonscription, selon les derniers sondages. Au premier tour, le leader de La France insoumise obtiendrait entre 34,1% et 41,9% des voix.

 

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