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Jean-Luc Mélenchon, le roi de l’invective

Le leader de la France insoumise a violemment attaqué l’ancien ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, qu’il accuse d’être responsable de la mort du militant écologiste Rémi Fraisse. Une stratégie du coup d’éclat dont il est coutumier.

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Haro sur Bernard Cazeneuve ! L’ancien Premier ministre du gouvernement Hollande se retrouve de nouveau sous le feu des attaques verbales de Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs jours. Le leader de la France insoumise, qui a réalisé le score de 19,58% au premier tour de l’élection présidentielle et se présente aux législatives dans la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, l’a accusé d’être « le gars qui s’est occupé de l’assassinat de Rémi Fraisse« .

Bernard Cazeneuve était ministre de l’Intérieur lorsque le jeune militant écologiste est décédé en octobre 2014 à la suite du lancer d’une grenade par un gendarme à Sivens. L’attaque a été diffusée dimanche dernier dans l’émission de France 5 « C Politique » et l’ancien ministre a annoncé sa volonté de déposer plainte pour diffamation. Il a cependant annoncé ce mardi matin sur France Inter qu’il retirerait sa plainte en cas d’excuses de la part de Jean-Luc Mélenchon.

Des responsabilités compliquées à établir

Peut-on factuellement incriminer l’ancien ministre socialiste pour ce drame ? Pour sa défense, Jean-Luc Mélenchon a relayé lundi un article du site écologiste Reporterre publié en juillet 2016 et titré « Mort de Rémi Fraisse : les responsables sont à Matignon et place Beauvau« .

L’enquête mettait en cause les autorités publiques jusqu’au plus haut niveau de la hiérarchie de la gendarmerie :

« A Paris, en tout cas, on suit avec la plus grande attention les événements durant le week-end tragique. Le général Denis Favier, directeur de la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN) envoie plusieurs messages aux responsables présents à Sivens. »

Cependant, l’article ne pointait pas directement les anciens Premier ministre et ministre de l’Intérieur Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

« Dès lors, une question se pose : le maintien de l’ordre à Sivens a-t-il été directement piloté par le Premier ministre et ses proches, dont le directeur général de la gendarmerie nationale, en liaison avec le ministère de l’Intérieur ?« , s’interrogeait le site, sans apporter de réponses.

Dans cette affaire, l’enquête judiciaire est aujourd’hui close et personne n’a été mis en examen. L’affaire risque donc d’aboutir à un non-lieu, ce dont s’inquiétait en janvier dernier le père de Rémi Fraisse, interrogé par l’AFP. Bernard Cazeneuve pourrait néanmoins être mis en cause à la suite de la publication en 2015 d’un rapport de la ligue des Droits de l’homme. Celle-ci pointait le « niveau de violence considérable » que « l’autorité politique a délibérément pris le parti de faire exercer ».

En 2012, Mélenchon traitait Marine le Pen de « fasciste »

Si porter des accusations aussi graves contre Bernard Cazeneuve semble donc factuellement exagéré, cela ne devrait pas empêcher Jean-Luc Mélenchon de continuer d’invectiver ses adversaires politiques. Le leader de la France Insoumise en a d’ailleurs fait une de ses marques de fabrique en période électorale. En 2012, lors de la précédente campagne présidentielle, il avait par exemple qualifié la concurrente du Front National Marine le Pen de « fasciste ».

La candidate avait déposé plainte pour « injure » mais la Cour de cassation a donné définitivement raison à Jean-Luc Mélenchon en février dernier. Dans son arrêt, la plus haute instance judiciaire a estimé que les propos en question, certes « outrageants » pour Marine Le Pen, « ne dépassaient pas les limites admissibles de la liberté d’expression » car ils exprimaient « l’opinion de leur auteur, dans le contexte d’un débat politique, au sujet des idées prêtées au responsable d’un parti politique« .

Nicolas Berrod

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