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Le Modem, amateur d’emplois fictifs ?

La ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez est visée par une enquête préliminaire pour abus de confiance dans une affaire d’emploi fictif au Parlement européen. Elle aurait utilisé son enveloppe d’assistance parlementaire en tant qu’eurodéputée pour son parti, le Modem. Retour sur ces accusations d’emplois fictifs qui poursuivent le parti centriste.

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Une enquête ciblant des eurodéputés de droite et de gauche pour des soupçons d’emplois fictifs a été ouverte par la police, comme le révèle ce matin Le Parisien. Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes et eurodéputée Modem, en fait partie. Ce n’est pas la première fois que les centristes font l’objet d’accusations d’emploi fictif au Parlement européen.

  • L’offensive du Front national

L’eurodéputée FN Sophie Montel a transmis à la police le 14 mars dernier une liste de 19 eurodéputés de droite et de gauche qu’elle soupçonne d’emploi fictif de leurs assistants parlementaires. Dans un communiqué de presse envoyé à l’AFP, Marielle de Sarnez se défend. Selon elle, son assistante parlementaire Philippine Laniesse a été rémunérée pour le travail effectué auprès d’elle au Parlement européen. La ministre a d’ailleurs saisi le procureur de la République pour dénonciation calomnieuse contre Sophie Montel.

  • Les accusations de Corinne Lepage

Marielle de Sarnez a déjà été liée à des soupçons d’emploi fictif. En 2014, dans son livre Les mains propres, l’ancienne eurodéputée Modem Corinne Lepage révélait que le Modem poussait les parlementaires à faire travailler leurs assistants au siège du parti. Elle citait notamment l’actuelle ministre des Affaires européennes. «Durant cinq ans, écrit-elle, la secrétaire particulière de François Bayrou a été payée… par l’enveloppe d’assistance parlementaire de Marielle de Sarnez, sur fonds européen.» A l’époque, l’intéressée dément fermement. Ces extraits ont refait surface dans l’entre-deux-tours avec l’article de Nicolas Grégoire, alors que Corinne Lepage soutient désormais Emmanuel Macron.

  • Les emplois fictifs à l’UDF

Ces soupçons étaient déjà remontés à la surface pendant la campagne présidentielle. En avril, Nicolas Grégoire, ancien attaché parlementaire pour l’Union pour la démocratie française (UDF), révèle dans un article sur Medium les arrangements financiers du parti centriste, ancêtre du Modem. Comme nous l’expliquions dans cet article, il raconte qu’il était rémunéré comme attaché parlementaire d’un député puis d’un sénateur UDF mais travaillait en réalité pour le magazine du parti de François Bayrou, Force démocrate

Nouvel écueil pour Emmanuel Macron

Yannick Jadot et Brice Hortefeux font aussi partie des eurodéputés désignés par Sophie Montel. Ces accusations interviennent alors que Marine Le Pen est poursuivie par le Parlement européen pour une affaire d’emplois fictifs. Interrogé sur LCI, Jérôme Rivière, porte-parole de la campagne FN pour les législatives, explique que Sophie Montel a voulu montrer que ces agissements sont communs à tous les partis.

Dix jours avant les élections législatives, c’est une nouvelle épine dans le pied d’Emmanuel Macron après l’affaire Ferrand. Le nouveau président et son garde des Sceaux, l’ancien président du Modem François Bayrou, ont fait de la moralisation de la vie publique un objectif du quinquennat.

#Bayrougate, l’affaire qui affole Twitter en cette fin de campagne

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