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Législatives : des sondeurs sachant sonder

La République en marche est créditée de 29,15% des intentions de vote pour le premier tour des élections législatives, selon un sondage Ipsos – Sopra Steria. L’heure est à l’optimisme dans les rangs de la majorité présidentielle. Dans l’histoire de la Vème République, les instituts de sondage se sont rarement trompés concernant les législatives.

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Ils ont été cloués au pilori après le Brexit et l’élection de Donald Trump mais le résultat de l’élection présidentielle française a redoré leur blason. Les instituts de sondage subissent une fronde depuis quelques mois mais à y regarder de plus près, il est rare qu’ils se trompent sur toute la ligne. C’est d’autant plus juste lorsque l’on s’intéresse aux sondages qui précèdent les élections législatives.

Le travail des sondeurs est facilité par ce que l’on a coutume de nommer le « fait majoritaire », cette spécificité politique française qui veut que les électeurs accordent traditionnellement une majorité au président élu. Du coup, depuis 1958, les résultats se situent tous autour de la marge d’erreur, qui varie entre 2 et 5%. Une exception : dans le cas bien particulier de la cohabitation, où les instituts peuvent être sortis de la marge d’erreur sans pour autant se tromper sur la désignation de la majorité gagnante. 

Aucun grand écart

Sur les trois dernières élections législatives, les instituts de sondage (Ifop en 2002 et 2007, Ipsos en 2012) ont toujours prédit le juste poids des partis à l’Assemblée nationale. Pour ce qui est de leurs scores définitifs, ils n’ont jamais varié de plus de trois points de pourcentage par rapports aux résultats des sondages. Par exemple, en 2002, le Front national (FN) est crédité de 12% des intentions de vote le 5 juin. Le soir du premier tour, le 9 juin, le parti de Jean-Marie Le Pen obtient 11,34% des suffrages exprimés.

Le plus grand écart entre le dernier sondage réalisé avant l’élection et les résultats officiels a été enregistré en 2012: l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) était crédité de 30,5 des intentions de vote le 29 mai 2012. Cinq jours plus tard, le parti du président sortant Nicolas Sarkozy atteignait péniblement les 27%. Toujours dans la marge d’erreur.

Réussir à prédire une cohabitation

Même lors des élections législatives qui ont débouché sur une cohabitation, c’est-à-dire un président de la République travaillant avec un Premier ministre de l’opposition, les instituts de sondage n’ont pas trébuché. A chaque fois, les prévisions donnaient la bonne majorité à l’Assemblée :

Certains résultats ont parfois été approximatifs: en 1997, le Parti socialiste gagne les élections législatives avec 33,5% des votes et Lionel Jospin devient Premier ministre. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) avait réalisé un sondage quelques jours avant le premier tour, donnant le PS vainqueur avec plus de 40% des intentions de vote. Difficile donc de prévoir le score exact lors d’élections particulièrement incertaines. Mais les instituts de sondages n’ont jamais donné une majorité gagnante à tort.

En 1958 déjà, les intentions de vote publiées par les sondages étaient conformes aux résultats officiels avec une marge d’erreur faible. On peut donc imaginer que ce schéma se reproduise en 2017. Rendez-vous le 11 juin pour confirmation.

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