Environnement

Les perturbateurs endocriniens perturbent la Commission européenne

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, est à Bruxelles, ce mardi,  pour traiter l’épineuse question des perturbateurs endocriniens. La Commission européenne propose une cinquième définition de ces produits, définition au coeur d’âpres négociations.

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  • Les perturbateurs endocriniens, qu’est-ce que c’est ?

C’est une molécule qui imite, bloque ou modifie l’action d’une hormone. Les effets néfastes des perturbateurs endocriniens peuvent être détecté sur les personnes exposées mais, parfois, leur impact peut traverser les générations. C’est le cas du distilbène, une molécule administrée pour éviter les fausses couches qui avait entrainé des malformations génitales chez les enfants des femmes concernées. Les études se multiplient et pointent de plus en plus du doigt la nocivité des perturbateurs endocriniens.

  • Où se cachent-ils ?

Les perturbateurs endocriniens se trouvent à peu près partout ! Emballages alimentaires plastifiés, cosmétiques, pesticides, tickets de caisse, lunettes, composites dentaires, matières imperméabilisantes, boîtes de conserve… autant d’éléments touchés par ces molécules. On retrouve aussi des perturbateurs endocriniens en milieu naturel (forêts ou fonds marins). Toutefois, cette présence reste due à l’activité humaine.

  • Que se passe-t-il aujourd’hui à Bruxelles ?

La Commission Européenne propose une nouvelle définition des perturbateurs endocriniens. Il s’agit de la cinquième proposition en moins d’un an. Les experts des pays membres se réunissent afin d’approuver ou de réprouver cette définition. Ségolène Royal, alors ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer, s’est toujours opposée aux précédentes propositions, tout comme la Suède et le Danemark. Jugées trop larges, les définitions étaient trop permissives au sujet de certains produits nocifs.

  • Quelle est la position de Nicolas Hulot ?

Le ministre de la Transition écologique et solidaire n’a pas pris position depuis sa nomination au gouvernement. Il s’agit du premier gros dossier à traiter pour l’ancien membre d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). S’il ne s’est pas exprimé publiquement depuis l’élection d’Emmanuel Macron et la formation du gouvernement, Nicolas Hulot a toutefois préfacé l’ouvrage Perturbateurs endocriniens, la menace invisible. Publié chez Buchet Chastel en 2015, le livre souligne la nécessité de les limiter au maximum.

  • Quels sont les enjeux ?

La définition des perturbateurs endocriniens – selon la Commission européenne – a son importance car c’est d’elle que dépendra la réglementation européenne sur les pesticides ou les produits chimiques. Par exemple, cette définition établira quelles substances phytosanitaires seront ou non autorisées. Aujourd’hui, des incohérences persistent. Dans le cas français, les définitions proposées précédemment restaient vague sur le bisphénol A, produit pourtant interdit en France.

  • Quelle vision de la définition ?

Plusieurs associations de défense de l’environnement ou de protection de la santé militent pour une définition stricte et prohibitive. Selon elles, une définition trop large continuerait de décimer de nombreux insectes, même ceux qui ne ravagent pas les récoltes, et de menacer la santé publique. Les perturbateurs endocriniens sont suspectés d’être responsables des cancers, du diabète et de provoquer l’infertilité.

Qui dit Commission européenne dit lobbying. L’industrie de la chimie, des pesticides ou des plastiques voient d’un mauvais oeil une définition restrictive des perturbateurs endocriniens. L’association Corporate Europe Observatory (CEO) a révélé une série de documents démontrant que les organisations représentant ces secteurs reconnaissent le caractère nocif de ces produits: « Les preuves scientifiques montrent les propriétés de perturbation endocrinienne des plastiques« . Une position loin d’être assumée en public.

 

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