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LR : contre le FN, le ni-ni c’est fini

En confirmant son intention de rompre avec la tradition du « ni-ni », François Baroin change de stratégie. Les candidats LR ainsi que les candidats de La République en marche adopteront une tactique commune en cas de présence d’un candidat frontiste au second tour.

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Le président de l’association des maires de France a rompu avec des années de manoeuvres dilatoires du parti LR au sujet du « ni-ni ». François Baroin a confirmé ce mardi sur France Inter que son parti se désisterait en faveur d’En Marche ou du PS afin de faire barrage au Front national : « notre position vise à faire barrage au FN en tout temps, tous lieux, toutes circonstances. »

Mais le chef de file des candidats LR aux législatives exige comme condition le principe de réciprocité : « je souhaite que la réciproque soit vraie du côté d’En Marche comme du Parti socialiste. Les désistements devront faire partie de l’entre-deux-tours des législatives. »

Depuis la fin de la présidence Sarkozy la droite se divise sur le « ni-ni »

François Baroin a toutefois précisé qu’il s’agissait d’une position personnelle, qui n’est pas celle du bureau politique qui se réunira au soir du premier tour des élections législatives. Il n’a pas mentionné d’éventuels désistements au profit des candidats de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Depuis plus de 5 ans et la fin de la présidence Sarkozy, la droite se divise sur l’attitude à adopter vis à vis de l’extrême droite lors d’élections majeures. En 2015, lors de l’élection législative partielle dans le Doubs, le FN était arrivé en tête au premier tour. Le bureau politique des Républicains n’avait donné aucune consigne de vote. Sophie Montel, la candidate FN, avait bien failli l’emporter avec 48.68% des voix.

Au lendemain du premier tour de la présidentielle et de l’élimination du candidat Fillon, le bureau politique LR s’était divisé, excluant l’abstention face à la candidate frontiste, sans pour autant soutenir de manière officielle Emmanuel Macron. Une manière de satisfaire l’aile la plus à droite du parti, incarnée par Laurent Wauquiez. Ce compromis avait été vivement critiqué par Nathalie Kosciusko-Morizet, Gilles Boyer et Alain Juppé, la frange progressiste des Républicains.

La Macro-compatibilité fait du chemin

Malgré les dissensions existantes, François Baroin déclarait en début de semaine :  » la position du mouvement elle est connue depuis toujours. Les gaullistes sont les adversaires historiques du FN et de l’extrême droite. »

En confortant ainsi le front républicain, François Baroin coupe l’herbe sous les pieds des Républicains tentés par l’aventure En Marche. Avec l’entrée au gouvernement d’Edouard Philippe, Bruno Le Maire et de Gérald Darmanin, une partie des Républicains en campagne a déjà promis de voter la confiance au gouvernement Philippe en cas de victoire.

Ce revirement stratégique montre chez François Baroin la volonté d’incarner une opposition moins belliqueuse qu’au soir du deuxième tour. Il a même déclaré qu’il n’excluait pas un partage des responsabilités en cas de victoire de la droite aux législatives. La Macro-compatibilité semble faire du chemin dans les rangs républicains alors que les sondages donnent la droite en seconde position, bien loin derrière le parti présidentiel.

Sur LCI, le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner a développé un argumentaire similaire à celui de François Baroin :

« Partout où le candidat de la République en Marche, en se maintenant au second tour ferait prendre le risque d’une élection du FN, partout nous retirerons notre candidat, et partout où le maintien du candidat nous permettra d’empêcher cette élection, nous nous maintiendrons. »

Christophe Castaner sur LCI.

 » Un strapontin à la majorité présidentielle. »

La réaction de Marine Le Pen ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué publié le 29 mai sur son site personnel, la présidente frontiste s’insurge. Elle dénonce une droite ralliée à la cause d’Emmanuel Macron : « LR n’est pas un parti d’opposition à M. Macron, c’est un strapontin à la majorité présidentielle. »

 

Communiqué de Marine Le Pen

Marine Le Pen a notamment tenu à commenter le rapprochement de Christophe Castaner avec la philosophie du front républicain.

 

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