Gouvernement, Législatives, Politique

DATA. Selon Richard Ferrand, 64 députés sortants seraient en conflit d’intérêts

Soupçonné de confondre les affaires publiques et privées, le ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand a comparé sa situation à celle de certains de ses collègues : ces députés qui exercent une profession proche de la commission dans laquelle ils travaillent à l’Assemblée. Le CFJ a recensé ces députés « en conflit d’intérêts ».

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« Il ne vous a pas échappé qu’à l’Assemblée nationale, il y a forcément des députés qui sont avocats ou notaires et qui siègent à la Commission des lois« . Alors qu’il est soupçonné de conflit d’intérêts avec les Mutuelles de Bretagne, Richard Ferrand a pointé du doigt ce mercredi sur France Inter les nombreux « conflits d’intérêts » qui existent selon lui dans l’Assemblée nationale sortante.

Il a même nommé explicitement plusieurs députés : Bernard Accoyer, médecin de profession et membre de la Commission des affaires sociales, et Sébastien Huyghe, notaire et membre de la Commission des lois. Ce dernier lui a répondu vertement sur Twitter.

Bref, nous avons compté : selon le raisonnement de Richard Ferrand, 64 sur les 577 députés de l’Assemblée nationale sortante seraient en conflit d’intérêts. Chacun d’eux fait en effet partie d’une commission permanente chargée d’un thème précis…parfois très proche de leur profession. Voici un petit résumé qui montre pour chaque commission le nombre de députés qui exercent une profession voisine de leur rôle à l’Assemblée nationale :

A la Commission des lois (sur 70 députés) :

A la Commission des affaires sociales (sur 71 députés) :

A la Commission des affaires économiques (sur 72 députés) :

A la Commission des affaires culturelles et de l’éducation (sur 68 députés) :

A la Commission des affaires économiques (sur 72 députés) :

A la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire (sur 71 députés) :

La plupart des députés exercent une profession qui n’a rien à voir avec la Commission dans laquelle ils ont travaillé. Certains exercent même des métiers tout autres. Comme Philippe Nauche, l’un des vice-présidents de la Commission de la défense et des armées, qui est médecin hospitalier. Claude Greff, députée à la Commission des affaires culturelles, est quant à elle infirmière.

A la Commission de la Défense et des Armées (sur 72 députés):

A la Commission des Affaires étrangères (sur 71 députés) :

Ça fait beaucoup. Le ministre de la Cohésion des territoires exagère sur une chose ; ce n’est pas parce qu’un député exerce une profession en rapport avec la commission dans laquelle il est engagée qu’il est forcément en conflit d’intérêts. « Je ne dis pas qu’ils le font parce qu’ils sont intéressés. Ils le font parce qu’ils sont compétents« , a t-il tout de même ajouté sur France Inter.

En tant que député du Finistère élu en 2012, Richard Ferrand a défendu un projet de loi à l’avantage des mutuelles tout en restant chargé de mission pour 1250 euros par mois auprès des Mutuelles de Bretagne. Alors compétence…ou intérêt ?

VIDÉO. Conflits d’intérêts au gouvernement : comment la Haute autorité veille

 

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