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François Bayrou n’assume plus d’être ministre de la Justice sur Twitter

Après avoir affiché son soutien à Marielle de Sarnez sur Twitter, François Bayrou  ne se présente plus comme « ministre de la Justice » sur le réseau social. Mais le Garde des Sceaux n’est pas un citoyen comme les autres, même sur internet.

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François Bayrou a déclenché une polémique en retweetant avec son compte Twitter personnel, mardi 30 mai, le communiqué de Marielle de Sarnez, dans lequel elle développe sa défense dans l’enquête préliminaire portant sur l’emploi d’un collaborateur au Parlement européen.

Le ministre de la justice voulait soutenir la vice présidente de son parti, le Modem, également Ministre des Affaires Européennes dans le gouvernement du Premier ministre Edouard Philippe. Or, son rôle de Garde des Sceaux le soumet à un droit de réserve. Un ministre de la Justice qui partage la défense de sa collègue peut sonner comme une forme de pression sur les magistrats chargés d’enquêter… dont il est le ministre de tutelle.

Un ministre de la justice à temps partiel ?

Pour faire taire la polémique, François Bayrou a tenté de s’affranchir du devoir de réserve qu’implique sa fonction en changeant sa biographie Twitter : il a transformé « ministre de la Justice » par « Maire de Pau« . Mais les critiques n’ont pas cessé, bien au contraire.

Interrogée sur Europe 1 sur la raison pour laquelle François Bayrou avait partagé son communiqué sur Twitter, Marielle de Sarnez a répondu : « Ce n’est pas qu’un homme public, c’est aussi quelqu’un qui a sa forme de liberté et il a le droit de s’exprimer sur Twitter en tant que tel, comme citoyen et pas comme ministre« .

Une défense fragile

Mais sa nouvelle description Twitter ne risque pas de durer très longtemps ; François Bayrou doit démissionner de son poste de maire de Pau dans les jours qui viennent. Emmanuel Macron lui a donné, à lui et à tous ses ministres, un mois maximum pour démissionner de leur mandat local. Ils ont été nommé le 17 mai dernier.

Une maladresse pour les magistrats

Contacté par le CFJ, Jacky Coulon, le secrétaire national de l’Union Syndicale des Magistrats (USM)considère que « c’est une maladresse du garde des Sceaux qui peut être interprétée comme un soutien du ministre de la Justice envers une personne qui ferait l’objet d’une enquête« . Le syndicaliste ne croit pas en la défense du ministre : « Quand François Bayrou s’exprime c’est forcément en tant que ministre sinon il ne faut pas accepter d’être ministre« . Mais l’USM relativise cette affaire : « il ne faut pas donner une importance démesurée à cette affaire« .

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