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Marielle de Sarnez VS Front national : les « affaires » sont-elles comparables ?

Le Front national ne serait pas le seul à utiliser ses attachés parlementaires d’eurodéputés ailleurs qu’au Parlement européen. C’est du moins ce qu’affirment les cadres du FN après une enquête ouverte sur 19 eurodéputés de droite et de gauche.

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Encore des emplois fictifs ? Dix-neuf eurodéputés sont visés dans une enquête préliminaire après les révélations de la députée Front national au Parlement européen Sophie Montel. Ces députés européens auraient employé, selon elle, des assistants parlementaires qui travaillaient aussi au niveau national de leur parti. Interrogé sur France Info à ce sujet ce mercredi, le vice-président du Front national Florian Philippot a déclaré que Sophie Montel avait réalisé « un travail de fond extrêmement documenté » et avait « pointé du doigt des cas d’assistants parlementaires avec leurs députés qui sont strictement dans la même situation que ce qui nous a été reproché ». Mais ces affaires sont-elles vraiment les mêmes que celles qui visent le FN ?

Ce qu’on reproche aux 19 eurodéputés signalés par Sophie Montel :

Sophie Montel a transmis le 14 mars à la police une liste de 19 eurodéputés de gauche et de droite qu’elle accuse d’avoir employé leurs assistants parlementaires au niveau national et non au niveau européen, tâche pour laquelle ils sont rémunérés. Une enquête préliminaire a été ouverte pour « abus de confiance ».

Ce qui est reproché aux eurodéputés Front national :

De prime abord, sensiblement la même chose. En 2015, Martin Schulz, alors président du Parlement européen, a saisi l’Office européen de la lutte anti-fraude (Olaf) et le parquet de Paris en raison de ses doutes sur des assistants parlementaires du FN. Vingt d’entre eux étaient soupçonnés de travailler pour le parti en France, et non au Parlement européen. Depuis, le viseur de l’enquête s’est élargi à une quarantaine d’attachés parlementaires.

Une affaire similaire ?

C’est en tout cas ce que veut faire croire le Front national. Il s’agit de montrer que ces agissements concernent tous les eurodéputés, et pas seulement ceux du parti de Marine Le Pen, le seul à subir l’inquisition de la justice et du Parlement européen selon Florian Philippot. Une « hypocrisie » selon le porte-parole de la campagne LRM Jérôme Rivière, invité sur LCI mardi 30 mai.

Florian Philippot s’avance un peu…

L’enquête sur « les 19 » n’en est qu’à ses débuts. Concernant le Front national, le Parlement européen a déjà commencé à exiger le remboursement de son préjudice estimé. On peut déjà pointer des différences entre les deux affaires.

Philippine Laniesse, l’assistante de la ministre des Affaires européennes Marielle de Sarnez (mise en cause par Sophie Montel), est employée en tant qu’assistante dans la circonscription européenne Ile-de-France. Elle n’avait donc pas à être à Bruxelles pour son travail. Au contraire, Catherine Griset, la cheffe de cabinet de Marine Le Pen, occupait la fonction d’assistante accréditée. Elle était donc censée travailler à Bruxelles ; or l’historique de son badge au Parlement européen montre qu’elle n’y a passé que 12 heures entre août 2014 et mars 2015.

D’autre part, l’enquête sur les assistants parlementaires du FN a fait émerger des documents accablants : le garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier, aurait notamment bénéficié d’un faux contrat de travail. Quant à Gaël Nofri, ancien conseiller FN dans la campagne de 2012, il a également affirmé avoir reçu des fiches de paie du Parlement européen en tant qu’assistant parlementaire de Jean-Marie Le Pen, ce qu’il dément avoir été.

Dans les deux cas, l’enquête est en cours et démontrera s’il y a eu, ou non, abus de confiance.

Le Modem, amateur d’emplois fictifs ?

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