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FACT-CHECK. La gauche, absente de certaines circonscriptions ?

J-10 avant le premier tour des législatives. Sur les 577 circonscriptions, on compte 7 882 candidats…et le parti socialiste n’en a  investi que 414. A-t-il vraiment abandonné les 167 circonscriptions restantes, comme le prétend Benoît Hamon ?

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« Physiquement absente de territoires entiers« , la gauche ? C’est ce qu’a déclaré Benoît Hamon mercredi matin sur BFM TV/RMC. La gauche se délite depuis des mois, et le candidat socialiste à l’élection présidentielle en rajoute une couche en prétendant que, dans certaines circonscriptions, elle est totalement absente. Pourtant, M. Hamon est bien placé pour savoir que la gauche, ça n’est pas que le Parti socialiste !

Des alliances avec d’autres partis de gauche

C’est vrai, le PS n’a pas de candidat investi dans chaque circonscription. Il en a abandonné 163 exactement. Mais il s’est volontairement retiré dans certaines pour laisser place à un autre parti. C’est le cas, par exemple, dans la 6e circonscription de Paris, où  l’ancienne ministre de l’Écologie Emmanuelle Cosse se présente sous l’étiquette des Verts (EELV) avec le soutien du Parti socialiste. Sur leur site, elle est même citée dans la liste des candidats, avec son étiquette écologiste.

Certains candidats du Parti communiste, du Parti radical de gauche, du Mouvement républicain citoyen (MRC, gauche républicaine), de l’Union des démocrates et des écologistes (UDE, confédération de partis écologistes) et des candidats sans étiquette apparentés à gauche font aussi l’objet d’alliances ou de compromis. Ils se présentent dans leur circonscription sans adversaire PS face à eux.

Dans certaines circonscriptions, le PS absent… mais pas la gauche

En Corse, aucun socialiste n’a été investi. Mais il y a quand même des candidats de gauche. Le Parti communiste et la France insoumise sont présents, mais leurs candidats n’ont scellé aucune alliance avec le Parti socialiste. Pour preuve, leurs noms ne figurent pas sur le site officiel du PS. D’ailleurs Benoît Hamon n’a récolté que 3,74% des suffrages au premier tour dans la région, qui ne recense que 700 adhérents en tout. Faire un pacte avec le PS, en Corse, ce n’est pas la meilleure stratégie.

Capture d’écran du site du Parti socialiste : ils n’investissent aucun candidat en région Corse, ni ne soutiennent un candidat de gauche.

En Savoie non plus, aucun candidat socialiste n’a été investi dans les quatre circonscriptions que compte le département. C’est le cas également dans la deuxième circonscription des Alpes de Haute-Provence, où l’ancien socialiste Christophe Castaner se présente à sa propre succession… mais sous l’étiquette La République en Marche (LRM). La gauche n’abandonne cependant pas totalement cette circonscription : la France insoumise et Lutte ouvrière investissent chacun un candidat.

Pas de pacte avec la France insoumise

Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon investit, quant à lui, 515 candidats. Aucune alliance n’a été convenue avec le PS, ni avec EELV, qui n’avait pas réussi à s’entendre avec le leader de la France Insoumise. Mais 515 candidats FI…ne serait-ce pas tout de même 515 candidats de gauche ?

Il semblerait bien que Benoît Hamon se trompe : non, la gauche n’abandonne pas des « territoires entiers » de la république, puisque qu’elle recouvre bien plus de sensibilités que le seul Parti socialiste et ses alliances.

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