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Les promesses de Macron pour le budget 2018 sont-elles tenues ?

Le ministre de l’économie Bruno Le Maire et son homologue des comptes publics Gérald Darmanin l’ont annoncé d’une même voix : le budget 2018 bénéficiera à « tous les Français » et tiendra « l’ensemble des promesses » faites ces derniers jours par le gouvernement. Alors, promesses tenues ? Un décryptage s’impose.

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Un « budget des promesses » qui n’en porte que le nom. Le gouvernement s’était engagé à ce que la dépense publique n’augmente pas : première promesse non tenue puisqu’elle progresse de 5 à 10 milliards d’euros. Autre surprise pour le projet de loi finances (PLF) : un peu moins d’économies que prévu.

Après avoir répété cet été qu’il prévoyait de réduire les dépenses publiques de 20 milliards, le gouvernement rétropédale pour finalement annoncer une baisse de 0,7 point du taux de dépense publique, réalisant ainsi une économie de près de 15 milliards d’euros. Car le gouvernement a en effet revu à la hausse sa prévision de croissance : 1,7% prévu en 2018 contre les 1,6% évoqués avant l’été dans les documents transmis au Parlement. Une hausse qui entraine automatiquement une petite baisse de 5 milliards dans les économies prévues.

Concernant la réduction des prélèvements obligatoires, elle ne sera que de 7 milliards d’euros en 2018, au lieu des 10 milliards de baisse martelés ces dernières semaines par le gouvernement. Une différence de 3 milliards qui s’explique en partie par la suppression des cotisations chômage et maladie, décidée pour accroître le pouvoir d’achat des salariés. La hausse de la CSG sera intégralement appliquée au 1er janvier. Cette augmentation est destinée à compenser la suppression des cotisations chômage et maladie.

Priorité annoncée du candidat Macron pendant la campagne présidentielle, le budget accordé à l’éducation nationale passe la barre symbolique des 50 milliards d’euros, après 49,3 milliards en 2017. Une promesse tenue pour le gouvernement. Le ministre Jean-Michel Blanquer a prévenu qu’il comptait utilisait ces crédits afin de refonder et de réorganiser le fonctionnement de l’éducation nationale.

Promesse tenue du côté d’Agnès Buzyn, ministre des solidarités et de la santé : son portefeuille enregistre une hausse de ses crédits de 1,53 milliards d’euros. Sauf que cette hausse concerne également la solidarité, l’insertion et l’égalité des chances. Des crédits à partager pour la ministre de la santé.

Comme annoncé avant la présentation de ce PLF, les ministères du logement, du travail et de la fonction publique vont être très impactés par les baisses de crédit de l’Etat.

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait annoncé ne pas toucher au budget de la culture. Après l’annonce du PLF, Françoise Nyssen s’était réjouit de cette « non-réduction » Mais la promesse n’est que partiellement tenue pour le président. Si le budget reste globalement stable pour Françoise Nyssen qui gagne 30 millions de hausse sur un budget de 2,7 milliards, les médias, le livre et les industries culturelles en perdent 10 millions.

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