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Hausse de la CSG : « C’est la première fois de ma vie que je manifeste, mais là c’est vraiment trop »

À Paris, à l’appel de neuf organisations syndicales et associations, un cortège est parti de l’opéra Garnier, en direction de la rue de Miromesnil. Quatre de nos reporters sont allés à la rencontre des retraités.

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C’est un cortège très lent qui s’est élancé à Paris, de l’opéra Garnier. Dans la foule de retraités, rassemblée contre la hausse de la CSG de 1,7% annoncée par le gouvernement, certains plaisantent et demandent « où sont les déambulateurs ».

Malgré les sourires et les applaudissements qui les accompagnent, les manifestants ne cachent pas leur mécontentement. C’est le cas de Gisèle Wagner, 69ans. Retraitée depuis 10 ans, cette ancienne auxiliaire de vie habite à Vincennes. Elle confie être très inquiète pour son pouvoir d’achat.

Je touche 1400 euros par mois, j’ai un gros loyer à payer, j’ai deux enfants et six petits-enfants. Mon pouvoir d’achat ne cesse de baisser, alors là je suis venue. C’est la première fois de ma vie que je manifeste, mais là c’est vraiment trop.

Jean Louis, 73 ans partage également ce point de vue. Cet ancien employé d’Air France pense notamment à ses parents, qui doivent payer une maison de retraite.

Ceux qui ont fait cette réforme de la CSG n’ont pas pensé que certains retraités paient en plus la maison de retraite de leurs parents ! Ma mère touche une pension de 800 euros par mois, la maison de retraite coûte 2400€, cherchez l’erreur !

D’autres retraités l’avouent volontiers, cette hausse de la CSG ne modifiera pas énormément leur train de vie, mais s’inquiètent d’une succession possible de hausses, comme Jean Marie Hannebert, 77 ans.

Ce n’est pas dramatique, mais si on laisse faire, après nous avoir pris le bras, ils nous prendront l’épaule. C’est un point maintenant, mais dans 10 ans ?

Pour François, 74 ans, ancien employé de banque, la manifestation défend également les jeunes.

C’est ma quatrième manifestation, et je ne compte pas m’arrêter là. je pense à nos jeunes surtout. Balzac disait : l’esclavage n’est pas voué à disparaître. Et bien là, il est en train de revenir.

Les jeunes ont justement répondu à l’appel. Étudiants ou chômeurs, ils marchent parmi les retraités pour les soutenir, comme Antoine, 29 ans.

Je ne fais partie d’aucune organisation syndicale ou autre mais je trouve que c’est important de venir soutenir nos anciens.

Karlito, 25 ans, et doctorant en astronomie, évoque la valeur des retraités pour justifier cette colère.

Ils travaillent à leur manière. S’occuper de leurs parents par exemple, c’est un travail à temps plein, et un travail qui mérite salaire.

Tout en continuant d’avancer vers la rue de Miromesnil, les manifestants ont durci le ton de leurs slogans en s’adressant directement au Président de la République : « Macron, t’es foutu, les retraités sont dans la rue ».

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