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Qui sont les retraités les plus touchés par la hausse de la CSG ?

Emmanuel Macron demande aux retraités « un effort » aux retraités « les plus aisés ». Sauf qu’avec la suppression de la taxe d’habitation et la transformation de l’Impôt de solidarité sur la fortune (ISF), la réforme ne va pas être aussi équitable qu’indiqué.

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C’était une promesse d’Emmanuel Macron : redonner du pouvoir d’achat aux salariés du secteur privé. Concrètement, cela doit se traduire par une suppression des cotisations chômage et maladie, ce qui représente environ 3,15% des salaires.

Les retraités, grands perdants

Pour compenser le manque à gagner pour l’Etat, le gouvernement prévoit d’augmenter de 1,7 point le taux normal de la contribution sociale généralisée (CSG), ce qui rapporterait plus de 20 milliards d’euros à l’Etat. La mesure sera contenue dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale, présenté ce jeudi 28 juillet.

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Les retraités sont donc les grands perdants de cette réforme puisqu’ils ne sont pas soumis aux cotisations salariales. Et contrairement aux indépendants et aux fonctionnaires (qui ne sont pas non plus concernés par la suppression des cotisations salariales), aucune mesure ne viendra neutraliser la perte en pouvoir d’achat engendrée par la hausse de la CSG.

Dans une interview au Point le 31 août dernier, Emmanuel Macron avait promis que seuls les « retraités les plus aisés » seront concernés par cette augmentation. Car la hausse de la CSG ne doit s’appliquer que pour les retraités dont la pension mensuelle est supérieure à environ 1200 euros, c’est-à-dire environ 60% des retraités (8 millions de personnes).

Et pour les retraités qui gagnent juste un peu plus de 1200 euros, l’augmentation de la CSG se veut limitée. C’est en tout cas la position défendue par le gouvernement. Par exemple : Ceux qui touchent une pension brute de 1 800 euros ne verront leur retraite baisser « que » de 30 euros. Sauf que pour certains retraités, une baisse de leur pouvoir d’achat de 30 euros représente un montant déjà important. Pour les retraités qui touchent 1 800 euros par mois, la hausse de la CSG se traduira tout de même par une baisse de leur pouvoir d’achat de 360 euros par an.

A lire : Hausse de la CSG, « trop c’est trop, les retraités ne sont pas des vaches à lait »

Une hausse de la CSG plus ou moins compensée par la suppression de la taxe d’habitation

Le président de la République a tenu à rassurer ces retraités : « Ils s’y retrouveront avec la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français ». Cela est vrai pour une majorité des retraités, même s’il faut bien noter que la suppression est progressive. Elle se fera par tiers, jusqu’à ce que la taxe d’habitation soit supprimée en 2020.

Sauf que certains retraités, qui gagnent plus que 1200 euros, ne seront pas concernés. Certains d’entre eux sont déjà exonérés de taxe d’habitation (comme 12 millions de ménages). Ou inversement, ils appartiennent au 20% de Français qui continueront de s’acquitter de cet impôt (2,8 millions de ménages à la retraite, selon l’observatoire français des conjonctures économiques).

Pour le dire autrement, certains retraités sont juste au-dessus du seuil de 1200 euros de pension par mois, ce qui les soumet à la hausse de la CSG et sont aussi juste au-dessus du seuil à ne pas dépasser pour profiter de la suppression de la taxe d’habitation. Pour pallier à ce problème, le gouvernement a promis de faire un geste.

En revanche, certains retraités « aisés » seront directement touchés. Exemple avec un couple de retraités qui touche 6500 euros brut de pension. Il continuera de payer 1 500 euros de taxe d’habitation puisqu’il ne sera pas touché par sa suppression. En revanche, il sera touché par la hausse de la CSG, à hauteur de 1 326 euros par an.

La fin de l’ISF va profiter aux retraités les plus riches

Autre facteur à prendre en compte pour les retraités, la fin programmée de l’impôt sur la fortune (ISF), transformée en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ce qui devrait profiter aux plus fortunés puisque seul le patrimoine immobilier va être pris en compte, lorsque celui-ci dépasse 1,3 millions d’euros. Les revenus du capital seront eux, soumis à un prélèvement forfaitaire (PFU), qui est plus avantageux.

Par exemple, une personne avec un patrimoine immobilier d’un million d’euros et un patrimoine mobiliers de 500 000 euros. Alors qu’elle payait 3 873 euros au titre de l’ISF en 2017, elle ne paiera plus rien en 2018.

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