Harcèlement, Violences sexuelles

Harcèlement au travail : combien de femmes réellement licenciées pour avoir parlé ?

La statistique avançant que 95% des femmes sont licenciées pour avoir dénoncé du harcèlement sexuel, relayée sur Internet depuis plusieurs jours, ne reflète pas fidèlement la réalité.

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95% des femmes qui dénoncent du harcèlement sexuel au travail perdent leur emploi. Cette statistique choc, avancée par l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), a été reprise par de nombreux médias depuis une semaine. Elle a notamment été présentée dans un documentaire sur le harcèlement en entreprise diffusé mardi 11 octobre. Il faut toutefois être prudent avec son utilisation : ce chiffre est issu du traitement des dossiers à l’AVFT et ne représente pas la norme.

Première explication : « Les femmes viennent nous trouver quand elles sont en passe de perdre leur emploi », précise Marilyn Baldeck, déléguée générale de l’AVFT. Le fait qu’elles s’adressent aux associations à ce moment critique et pas avant, dans des cas de harcèlement quotidien, « mène à une surreprésentation des femmes qui perdent leur emploi dans les statistiques. » Ce qui rend le chiffre de 95% informel et « non-officiel », d’après la représentante.

Selon un rapport national du Défenseur des droits daté de 2014, ce sont en réalité 40% des femmes qui perdraient leur emploi après avoir dénoncé des actes de harcèlement dans la sphère professionnelle.

Si cette estimation est moins élevée celle de l’AVFT, le harcèlement sexuel au travail reste une réalité très répandue puisqu’en France, une femme sur cinq en est victime.

 

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Illustration : Timothy Hale, 2015

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