Catalogne

Revivez cette journée de lundi décisive en Catalogne

Première journée en Catalogne après la mise sous tutelle de la région auparavant autonome. Journée à enjeux à la fois politiques et judiciaires pour les deux camps indépendantistes et unionistes.

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En Catalogne ce lundi matin, certains se sont réveillés dans une République indépendante. D’autres sous l’autorité de Madrid. Dans la foulée de la déclaration unilatérale d’indépendance du Parlement catalan vendredi, le Sénat espagnol a voté la mise sous tutelle de la région. Dans une Catalogne divisée après les manifestations unionistes et indépendantistes de ce week-end, enjeux politiques, bataille juridique et éléments symboliques s’entremêlent.

Carles Puigdemont/ DR

Les éléments à retenir de cette journée de lundi:

  • Le parti indépendantiste de Carles Puigdemont (PDeCAT) annonce participer aux élections régionales anticipées, convoquées par Madrid, le 21 décembre prochain. Selon le parti, les indépendantistes sont « très attachés à ce que la société catalane puisse s’exprimer ». Le parti indépendantiste la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), estime quant à lui qu’elles constitueraient « une opportunité supplémentaire de consolider la république catalane », dont il reconnaît qu’elle est « fragile ».
  • Le procureur général de l’Etat espagnol requiert des poursuites notamment pour « rébellion » contre les membres du gouvernement catalan destitués. Ils risquent jusqu’à 30 ans de réclusion. Ils sont poursuivis pour l’organisation du référendum du 1er octobre et pour la déclaration d’indépendance de la République catalane vendredi. Rébellion est le chef d’accusation le plus lourd pour lequel pouvait être poursuivi les dirigeants catalans.
  • Carles Puigdemont, président destitué de la Catalogne, se trouvait à Bruxelles (Belgique) ce lundi selon le gouvernement espagnol.  Selon la chaîne de télévision espagnole La Sexta, il compte demander avec d’autres membres de son gouvernement destitué l’asile politique en Belgique. Cette information n’a pour l’instant pas été confirmée. Samedi,  le secrétaire d’État belge à l’asile et à la migration, l’indépendantiste Theo Francken a laissé entendre que la Belgique pourrait offrir l’asile au dirigeant séparatiste catalan. Mais le Premier ministre belge Charles Michel a dans la foulée exclu cette possibilité. Les institutions européennes, toutes derrière Madrid, ont exclus une rencontre avec l’ancien président catalan. Un des enjeux de la journée et de ce début de semaine est de savoir ce que ferait Carles Puigdemont suite à sa destitution par Madrid et son intronisation comme dirigeant de la République de Catalogne par le Parlement régional.
  • Que feront les dirigeants indépendantistes déchus et comment les 200 000 fonctionnaires catalans réagiront aux ordres de Madrid? Les dirigeants destitués ont l’autorisation d’accéder à leurs bureaux pour récupérer des effets personnels. La police régionale doit prévenir la justice s’ils y restent. « S’ils croient eux-mêmes qu’ils sont le gouvernement de la République, alors nous sortirons pour les protéger, mais s’ils ne font rien, nous aviserons », a dit à l’AFP sous couvert d’anonymat un haut responsable indépendantiste.

  • Josep Rull, chargé de l’infrastructure dans le gouvernement catalan destitué, a tweeté lundi matin une photo de son bureau avec comme légende en catalan : « Au bureau, pour assumer les responsabilités que nous a confiées le peuple de Catalogne ». Il est ensuite reparti pour une réunion de son parti.
  • Depuis vendredi soir, la région est officiellement dirigée par Soraya Saenz de Santamaria, n°2 et vice-présidente du gouvernement espagnol. C’est elle qui a défendu la mise sous tutelle de la Catalogne au Sénat. « Le voyage de l’indépendantisme, qui ne mène nulle part, doit s’achever, pour revenir au respect de la légalité » a-t-elle expliqué devant les élus du pays.
    Soraya Saenz de Santamaria/DR

    Plus d’un mois de chaos en Catalogne

Depuis l’annonce d’un référendum d’indépendance dans la région le 6 septembre par le Parlement catalan et sa déclaration en illégalité le lendemain par le Tribunal constitutionnel espagnol, le pays est plongé dans une crise politique et institutionnel qui divise également la population. 90,8% des électeurs se sont prononcés en faveur de l’indépendance mais son organisation a été fortement perturbé par la police espagnole et le taux de participation dépasse à peine les 40%. Une centaine de votants avaient été blessés ainsi que 33 policiers selon le ministère de l’Intérieur espagnol.

Après ce référendum s’en est suivi un mois d’incertitudes quant à la marche à suivre pour les indépendantistes et de menaces de la part de Madrid, jurant par le respect du droit espagnol et par l’union du pays.

La population est divisée sur cette question. Samedi, 300 000 manifestants opposés à l’indépendance de la Catalogne ont répondu dans les rues de Barcelone aux dizaines de milliers d’indépendantistes ayant célébré la veille au soir la proclamation de la République catalane. Malgré tout, un sondage publié ce lundi par El Mundo montre que 57% des espagnols et 76% des catalans sont en faveur de l’organisation d’un référendum conjointement par la région catalane et le gouvernement central.

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