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Soupçons de financement libyen : les principales pièces du dossier

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De l’argent tombé du ciel. C’est ainsi qu’Eric Woerth justifie auprès des enquêteurs la circulation importante d’espèces dans l’entourage de l’ex-président Nicolas Sarkozy lors de sa campagne de 2007. Pas sûr que cela convainque les agents de l’office de lutte contre la corruption (Oclciff), qui ont recueilli maints témoignages sur ce qu’ils suspectent être un système de financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Selon Eric Woerth et Vincent Talvas, directeur financier de l’UMP, ce dernier n’était en tout cas au courant ni des « dons anonymes », ni des enveloppes qu’ils assurent avoir remis aux employés les plus zélés de l’UMP pour les récompenser. Peu convaincus, les enquêteurs tentent pourtant bel et bien d’établir un lien avec l’argent du régime Kadhafi. Depuis avril 2013, la justice enquête en effet sur le présumé soutien financier de la dictature libyenne dans cette campagne. Ces récentes révélations sont l’occasion de revenir sur les principales pièces dont dispose la justice pour instruire le dossier. 

  • En 2012, Abadallah Senoussi témoigne devant la CPI

L’ancien chef du renseignement militaire libyen Abdallah Senoussi est interrogé par la Cour pénale internationale après la révolution de 2011. Il affirme avoir organisé entre fin 2006 et début 2007, le transfert de 5 millions d’euros depuis Tripoli, vers Paris, pour financer la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy.  L’opération aurait bénéficié de la complicité de Claude Guéant, directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, et de Ziad Takieddine, homme d’affaire franco-libanais.

  • Ziad Takieddine face caméra

Face aux caméras de Médiapart, Ziad Takieddine raconte le récit du voyage de trois valises contenant 5 millions € entre Tripoli et Paris. Il affirme avoir confié les deux premières valises à Claude Guéant dans le hall du ministère de l’Intérieur. Il aurait posé la troisième directement dans le bureau de Nicolas Sarkozy, alors qu’il s’y trouvait. Nicolas Sarkozy continue de démentir ces accusations.

  • Le coffre-fort vide de Claude Guéant

Entre mars et juillet 2007, en pleine campagne présidentielle, Claude Guéant loue un grand coffre-fort à la BNP. Officiellement pour y préserver les discours de Nicolas Sarkozy candidat.  Les anciens salariés de l’UMP remettent en cause ces explications. L’ancienne assistante de Cécilia Sarkozy confiera pendant la campagne dans un procès verbal « n’avoir jamais entendu parler d’archives papiers » et que les discours du candidats « étaient consultables sous formes électronique ».

  • Le carnet de Choukri Ghanem

Choukri Ghanem, ancien chef du gouvernement libyen et ancien ministre du pétrole conservait dans un carnet le script de ses échanges avec d’autres dignitaires libyens.  Mediapart en publie certains extraits en septembre 2016. Parmi eux, une conversation où Bechir Saleh, directeur de cabinet de Kadhafi et Bagdhadi Mahmoudi le Premier ministre, approuvent le transfert de 1,5 millions d’euros à Nicolas Sarkozy.

  • Des documents officiels libyens sur Mediapart

Mediapart publie un note signée par Moussa Koussa, chef des services secrets libyens. Elle révèle l’attribution de 50 millions € pour la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy. La justice reconnaît aujourd’hui l’authenticité du document.

 

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