Actualités, Attentats

L’Ouzbékistan au centre du djihad

Deux jours après l’attentat de New-York perpétré par Sayfullo Saipov, les yeux se tournent vers l’Ouzbékistan, pays d’origine de plus en plus de djihadistes.

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Istanbul, Saint-Pétersbourg, Stockholm et maintenant New-York…Ce mardi 31 octobre, Sayfullo Saipov a fauché des cyclistes et passants au sud de Manhattan. Le nom de cet ouzbek de 29 ans s’ajoute à la liste de plus en plus longue d’auteurs d’attentats, originaires d’un pays où l’islam radical s’est installé dans les années 1990.

La montée de l’islam radical en Ouzbékistan

Le Mouvement islamique d’Ouzbékistan (MIO) nait en 1991, alors que le pays devient indépendant de l’URSS. Islam Karimov, arrivé au pouvoir à l’époque soviétique, reste à la tête de ce pays  jusqu’à sa mort le 2 septembre 2016. Il dirige le pays d’une main de fer. Les manifestations sont réprimées, les personnes soupçonnées d’appartenir à des partis d’opposition ou à des organisations religieuses sont torturées, raconte Christine Laroque, responsable Asie de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Islam radical et opposition politique se confondent.

Dans la vallée de Ferghana, peuplée de 12 millions d’habitants, une mouvance islamique se forme : le MIO. Le groupe tente d’instaurer la charia dans ce territoire de l’est du pays, y perpétue des attaques. Les cellules radicales s’y multiplient : l’Union du djihad islamique, le Jamaat Ansarullah, et le Jund Al-Khalifat.

Crédit : Wikicommons

En 1998, le président ouzbèke réprime sévèrement le groupe islamique, qui rejoint ensuite les talibans en Afghanistan. Le MIO prête allégeance à l’Etat islamique en 2015.

La diaspora ouzbèke recrutée par l’Etat islamique

L’Ouzbékistan, pays le plus peuplé d’Asie centrale (30 millions d’habitants) représente une source de combattants pour l’Etat islamique. Il possède une large diaspora de plus de 2 millions d’habitants en Russie, mais compte également des ressortissants en Europe et aux Etats-Unis (comme Sayfullo Saipov, auteur de l’attentat de New-York le 31 octobre 2017).

Les djihadistes d’ex-URSS (Ouzbékistan, Kazakhstan, Kirghiztan, Tadjikistan, Turkménistan) représentent ainsi le troisième contingent des rangs de  l’Etat islamique. Les services de sécurité russes estiment entre 500 et 1500 le nombre d’Ouzbeks qui combattent pour Daesh. Samuel Carcanague, chercheur à l’Iris et spécialiste de l’Asie centrale, a expliqué sur France Info que l’organisation terroriste possédait un service russophone développé qui lui permet de recruter dans cette zone du globe. Outre la plateforme Telegram, très utilisée par les djihadistes à travers le monde, deux réseaux sociaux russes sont mobilisés : Vkontakte et Odnoklassniki.

Les chantiers russes sont aussi une source de recrues pour l’Etat islamique. Les immigrés ouzbèkes en Russie vivent pour la plupart dans des conditions précaires et tentent de gagner leurs vies dans les travaux publics. Les recruteurs de Daesh profitent du rejet que connaissent les immigrés pour les embrigader.

Cinq attentats perpétrés par des ouzbeks en un an et demi

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