Syrie

Attaque au gaz sarin en Syrie : Moscou étrille le rapport de l’ONU

La Russie conteste fortement les conclusions d’un rapport de l’ONU, publié le 26 octobre, qui présentait la Syrie comme responsable du bombardement de Khan Cheikhoun, survenu le 4 avril, qui avait fait 83 morts.

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Pour la Russie, le rapport de l’ONU sur l’attaque contre la ville de Khan Cheikhoun est « superficiel, non-professionnel et amateur ». Ce sont les mots de Mikhaïl Oulianov, responsable du pôle Sécurité et désarmement du ministère russe des Affaires étrangères. Ce jeudi, la Russie a présenté ses conclusions sur le rapport de l’Organisation des Nations Unies (ONU) du 26 octobre dernier. Moscou pointe notamment le fait que l’enquête de l’organisme ait été faite à distance. « C’est un scandale », a condamné Mikhaïl Oulianov lors d’une conférence de presse. « Il aurait été plus honnête de reconnaître qu’il est impossible de mener une enquête dans les conditions actuelles ».

Le 4 avril dernier, la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, avait été touchée par un bombardement au gaz sarin. 83 personnes y avaient perdu la vie, selon l’ONU. L’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme (OSDH) avait présenté un bilan d’au moins 87 morts. Cette attaque avait mené, quelques jours plus tard, Donald Trump à lancer 59 missiles Tomahawk sur une base militaire syrienne.

Washington demande le départ de Bachar al-Assad

Jeudi dernier, l’ONU publiait son rapport sur l’attaque. Le régime syrien y était présenté comme l’auteur du bombardement. « Le groupe (d’experts) est convaincu que la République arabe syrienne est responsable de l’usage de sarin sur Khan Cheikhoun le 4 avril 2017 », affirmait le rapport. Le secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, avait réagi en estimant que « le règne de Bachar al-Assad touch(ait) à sa fin ». Damas avait accusé l’ONU de « falsifier la vérité ». Moscou avait pointé des « incohérences » et annoncé une analyse plus complète plus tard. Celle-ci est donc, sans surprise, favorable au régime de Bachar al-Assad.

Dans les jours qui avaient suivi l’attaque, celle-ci avait été imputée au régime syrien, malgré les contestations de Damas. Bachar al-Assad avait alors reçu le soutien de Moscou, qui avait affirmé que le gaz sarin provenait d’un obus au sol, touché lors du bombardement, et non d’un avion. Le 24 octobre, Moscou avait opposé son veto, à l’ONU, à un prolongement d’un an des enquêtes sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. C’était la neuvième fois que la Russie utilisait son droit de veto pour défendre son allié syrien. Cette situation au Conseil de sécurité de l’ONU empêche toute évolution de la communauté internationale sur le conflit syrien.

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