Politique

Nouvelle-Calédonie : accord politique sur les conditions d’organisation du référendum

Les natifs non-kanaks pourront voter au référendum d’auto-détermination mais sous conditions. Tel est le résultat d’un accord trouvé à Matignon ce jeudi. Ce référendum correspond à la fin d’un long processus de discussions et d’accords visant à pacifier la Nouvelle-Calédonie.

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Hier avait lieu toute la journée le XVIe comité des signataires des accords de Nouméa. Ce sont ces accords, signés en 1998, qui actent l’organisation d’un référendum d’auto-détermination dans la collectivité avant novembre 2018. Le chemin est encore long avant que toutes les parties soient d’accord sur les conditions d’organisation de ce scrutin. Toutefois un des points d’achoppement principaux entre Etat, anti et pro-indépendance a été levé lors de cette réunion.

Qui peut voter ?

Une des grandes questions sur lesquelles les différentes parties n’étaient pas d’accord avant cette réunion est celle de la composition des listes référendaires. Les différents partis indépendantistes demandaient à ce que seuls les Kanaks puissent voter tandis que les anti-indépendantistes souhaitaient à ce que tous les Français nés en Nouvelle-Calédonie et pouvant justifier de 3 ans de vie sur le territoire puissent voter. L’accord trouvé se rapproche des positions anti-indépendantistes et permet à 169 000 électeurs d’être inscrit sur les listes référendaires dont 77 000 Kanaks. Le critère pour les non-Kanaks est d’être né sur le territoire, de pouvoir justifier de 3 ans de résidence et d’avoir en Nouvelle-Calédonie « le centre de [ses] intérêts matériels et moraux » ou d’y être arrivé avant 1995 et de justifier 20 ans de domicile en continu.

L’ONU au centre du processus

Depuis 1986, la Nouvelle-Calédonie est inscrite sur la liste onusienne des territoires à décoloniser. En cela, l’organisation suit de près le processus référendaire dans l’archipel. Les parties prenantes de la réunion hier ont actées que soit demandée la présence d’observateurs onusiens dans les bureaux de vote lors de la consultation. Des experts de l’ONU se pencheront également une nouvelle fois sur la tenue des listes référendaires comme ils le font depuis 2016.

Retrouvez une chronologie de deux siècles et demi de relations tumultueuses entre la France et la Nouvelle-Calédonie.

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