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France-Qatar : une amitié et des polémiques

Emmanuel Macron effectue ce jeudi sa première visite officielle au Qatar. L’occasion de revenir sur le passé, parfois troublé, entre les deux pays.

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Les bonnes relations diplomatiques entre la France et le riche émirat ont par le passé été entachées de polémiques pendant les mandats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.

1) Les demandes de cadeaux d’élus français

Subventions, cadeaux, privilèges… Dans leur livre Nos très chers émirs (Michel Lafon) paru en 2016, les journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot révèlent les demandes de plusieurs élus français auprès de dirigeants qataris. L’ancien ministre des relations avec le Parlement Jean-Marie le Guen aurait par exemple demandé « que l’ambassadeur fasse travailler une agence de communication et de lobbying dont les responsables sont des proches », en échange de quoi il aurait proposé de « bloquer des questions hostiles au Qatar » de la part de députés. L’élu socialiste avait à l’époque démenti et annoncé son intention de porter plainte.

2) Le déjeuner entre Platini, Sarkozy et l’émir du Qatar

Et le vainqueur est… le Qatar ! Le 2 décembre 2010, le riche État pétrolier, dont les conditions climatiques ne faisaient pas de lui un favori, remporte l’organisation de la coupe du Monde de football 2022. En tant qu’ancien président de l’UEFA, le Français Michel Platini a été l’un des membres du comités exécutif de la FIFA à prendre part au vote. Et son choix n’est pas un secret : l’ancien milieu offensif a plusieurs fois affirmé et assumé que son vote avait été en faveur du Qatar. Pourtant, le 23 novembre 2010, soit dix jours avant le scrutin, il était invité par l’ancien président Nicolas Sarkozy à déjeuner à l’Elysée en présence de… l’émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani. Selon l’hebdomadaire France Football, qui a consacré en 2013 une longue enquête à l’attribution du Mondial au Qatar, ce déjeuner aurait été l’occasion « d’une promesse : que Platini (président de l’UEFA) ne donne pas sa voix aux États-Unis, comme il l’avait envisagé, mais au Qatar. »

3) Le Qatar au secours des infirmière bulgares

Quelques semaines après son élection, Nicolas Sarkozy apparaît en juillet 2007 comme le grand artisan de la libération de cinq infirmières bulgares retenues dans les geôles libyennes. La commission d’enquête parlementaire chargée de faire la lumière sur cet événement a tenté, sans grand succès, d’en savoir plus sur le rôle du Qatar après que Nicolas Sarkozy avait publiquement salué la « médiation » de ce pays ami. Face aux députés, Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, a confirmé sans plus de détails le « rôle décisif » du Qatar. Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères de l’époque, a répondu, de son côté et de manière évasive : « Mon sentiment est que nous ne sommes pas à l’abri de l’évocation de certaines transactions financières [sourire]. Mais je n’en sais rien! »  Pour sa part, Axel Poniatowski, ancien député UMP et président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, estime que « le Qatar a eu un rôle beaucoup plus politique, diplomatique, que financier. »  Le mystère reste donc entier.

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