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Statut de Jérusalem : « Trump a mis le feu aux poudres »

Donald Trump a annoncé mercredi soir sa décision de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël. En réaction, le Hamas, mouvement islamiste palestinien, a appelé à une nouvelle intifada. Trois questions à Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, pour comprendre cette rupture diplomatique.

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Jean-François Daguzan (CC)

Pourquoi la reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne par Donald Trump est-elle importante ?

Jean-François Daguzan : C’est une rupture capitale car cette décision brise une position commune depuis plus de 40 ans. Les principaux pays occidentaux ont toujours conservé leur ambassade à Tel-Aviv et cette position était admise par tout le monde, en attendant un éventuel accord de paix. Aucune grande puissance n’avait jusqu’ici brisé cet accord tacite, et donc l’annonce de Trump représente un tremblement de terre.

Quel est historiquement le statut de Jérusalem ?

Jérusalem est très importante pour les trois religions qui y coexistent. Pour les juifs, il s’agit de leur capitale historique depuis plus de 3 000 ans. Les musulmans la considèrent comme la ville d’où serait monté au ciel le problème Mahomet. Enfin, pour les chrétiens, même s’ils sont aujourd’hui très minoritaires à Jérusalem, c’est le lieu où serait mort et ressuscité Jésus et où repose le tombeau du Christ. Au moment de la création de l’État d’Israël en 1948, les pays occidentaux ont proposé que la ville adopte le statut de ville internationale, mais cela a été refusé par les Arabes et les juifs qui revendiquent tous les deux la paternité de la ville.

Quels sont les risques majeurs dans les jours à venir ?

Donald Trump a mis le feu aux poudres dans une région où beaucoup de mêches sont déjà allumées. Le problème majeur est l’organisation Etat Islamique (EI), qui pourrait attirer de nombreux jeunes palestiniens. Sans travail et déçus de constater les échecs des relations entre Israël et la Palestine, ils risquent de se laisser convaincre de se tourner vers plus de radicalité. Je rappelle que la Palestine est le territoire à la plus forte densité géographique au Moyen-Orient. Les autorités palestiniennes ont toujours maintenu un dialogue avec les Etats-Unis et même avec Israël, mais cette annonce unilatérale de Donald Trump risque de rompre cette situation.

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