Catastrophes naturelles, Environnement

La Californie, état malade de son climat

La Californie est à nouveau en proie aux incendies depuis lundi 4 décembre. Vents dignes d’un ouragan, températures anormalement élevées, sécheresse prolongée : la situation n’est pas nouvelle dans l’État le plus peuplé des États-Unis, malade de son climat depuis une dizaine d’années.

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C’est presque devenu une habitude. Tous les deux mois environ, la Californie est ravagée par de violents incendies qui obligent les civils à évacuer les lieux et les pompiers à intervenir pendant des semaines, jusqu’à maîtrise des différents foyers.

Depuis lundi 4 décembre, six brasiers se sont de nouveau déclarés autour de Los Angeles. Le plus important d’entre eux, baptisé « Thomas Fire », a déjà ravagé plus de 46 000 hectares et n’était maîtrisé aux dernières nouvelles qu’à 5% par les soldats du feu. Il a provoqué un décès et détruit 400 bâtiments. Plus proche de la métropole, le « Skirball fire » a réduit en cendres quatre luxueuses demeures du quartier Bel-Air. 230 000 personnes ont été évacuées en tout depuis lundi.

Les pompiers peinent à maîtriser les flammes car des vents très violents soufflent sur l’Etat et les températures sont anormalement élevées pour la saison. L’agence de lutte contre les incendies Calfire a averti que ces conditions n’allaient pas changer d’ici la fin de la semaine.

Pas de répit depuis 10 ans

Depuis une dizaine d’années, la Californie ne connaît pas de répit en ce qui concerne les catastrophes naturelles. En octobre dernier, les incendies dans l’Etat le plus peuplé des Etats-Unis avaient provoqué la mort de 40 personnes et détruit 10 000 bâtiments. Donald Trump avait alors décrété l’état de catastrophe naturelle.

L’Etat a également connu une sécheresse terrible ces six dernières années. Les nappes phréatiques sont surexploitées pour l’agriculture – la Californie produit plus de la moitié des fruits et légumes consommés aux Etats-Unis – et s’épuisent. De janvier 2014 à avril 2017, l’état d’urgence sécheresse est décrété : les Californiens doivent se soumettre à de nouvelles normes concernant les débits des robinets et chasses d’eau. Le prix de l’eau augmente et les pelouses sont interdites d’arrosage. Un vrai coup dur dans un pays où le prestige social se voit à la couleur de l’herbe devant la maison.

Le lac Oroville, principal réservoir d’eau de la Californie, en juillet 2011 (en haut) et en janvier 2014 (en bas) ©California Department of water Resources

En décembre 2016, après quatre ans sans aucune goutte de pluie, l’État est submergé par des pluies torrentielles, les plus fortes depuis 30 ans dans le nord, depuis dix ans dans le centre. Des tempêtes ont même lieu en janvier et février 2017, et 200 000 personnes doivent être évacuées suite au débordement d’un lac artificiel. Des coulées de boue entraînent des glissements de terrain et la route côtière entre Los Angeles et San Francisco est toujours coupée depuis : il faut attendre que l’éboulement se tasse pour pouvoir tenter des travaux.

L’éboulement de terrain qui a coupé la route côtière. (Capture d’écran Handout)

Derrière ces événements relatés bien souvent comme des catastrophes isolées, il y a un fait : la Californie est en première ligne des régions les plus touchées par le réchauffement climatique.

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