COP21, Environnement

De Kyoto 1997 à Paris 2017, de bonnes intentions constamment polluées

Le protocole de Kyoto, rédigé le 11 décembre 1997 à l’issue de longues et houleuses tractations, fête un anniversaire en demi-teinte, entre le souvenir d’un premier accord historique et le constat de mauvais résultats.

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C’est un anniversaire dont on ne sait pas s’il doit inspirer la fierté ou le malaise. Il y a 20 ans jour pour jour, le protocole de Kyoto est signé à l’occasion de la COP 3. C’est la première fois que des États s’engagent à réduire leurs émissions polluantes. Ils promettent de diminuer de 5% leur production de gaz à effet de serre par rapport au niveau de 1990, et ce avant 2012.

Le protocole de Kyoto a d’abord été perçu comme un premier pas encourageant. Arraché à la suite de laborieuses tractations, il reconnaît l’urgence du réchauffement climatique et la nécessité d’organiser la riposte au niveau international.

Un bilan dénoncé

Mis de côté l’aspect pionnier de cet accord, son bilan n’est pas des plus réjouissant. Pour entrer en vigueur, il devait être ratifié par 55 pays, responsables de 55% des émissions de gaz à effet de serre. Un seuil qu’il ne franchira qu’en 2005. À ce jour, seuls les États-Unis ont signé sans jamais ratifier ce protocole – le Canada étant sorti du traité après l’avoir ratifié.

Georges W. Bush, en tant que président des États-Unis de 2001 à 2009, s’est toujours opposé à la ratification par son pays du protocole de Kyoto, estimant que cela nuirait à son économie. En 2005, il reconnaît pourtant pour la première fois la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique.

Avant même son entrée en vigueur, le contenu du traité lui-même et son application par les pays signataires sont remis en cause. Leur argument: les indicateurs et les mécanismes de mise en œuvre ne reflètent pas la réalité du changement climatique. En 2007, deux éminents scientifiques américains, connus pour leur prise de position en faveur d’une accentuation de la lutte contre la pollution, publient dans la très sérieuse revue Nature un article intitulé : « Il est temps de jeter le protocole de Kyoto à la poubelle ».

Le manque d’investissement des uns décourageant les autres, le résultat du protocole est loin de celui espéré initialement. Au contraire, quand les émissions devaient diminuer de 5%, elles ont augmenté de 6% au niveau mondial. Nebojsa Nakicenovic, chercheur en énergie à l’Université de Vienne, confie à RFI : « On peut dire que nous avons perdu deux précieuses décennies, et qu’il ne nous reste plus beaucoup de temps ».

Vingt ans après l’écriture de cet accord, la COP 23 a lieu à Bonn, les États-Unis viennent de sortir de l’accord de Paris, tandis que 15 000 scientifiques de 184 pays signent un appel dans la revue Bio Science pour alerter sur la dégradation de l’environnement.

Évolution entre 1992 et 2016 des indicateurs environnementaux utilisés dans l’appel à l’humanité du collectif de scientifiques. Hormis l’évolution de l’ozone stratosphérique, les huit indicateurs retenus se sont largement détériorées : disponibilité en eau douce, zones maritimes mortes, déforestation, émission de CO2, température, etc.

La France organise le One planet summit, à l’initiative d’Emmanuel Macron ce mardi 12 décembre. Il a annoncé vouloir organiser ce sommet international suite au retrait décidé par Donald Trump des Etats-Unis de l’accord sur le Paris, un choix qui met en danger une entente déjà fragile. En réunissant des représentants de gouvernements mais également des businessmen comme Bill Gates et des stars du showbusiness comme Léonardo DiCaprio, l’ambition est claire : s’attaquer encore – enfin – au point clef de toutes les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique, la finance.

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