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Les Républicains : Laurent Wauquiez, un nouveau président qui divise

Grand favori de l’élection à la présidence des Républicains, Laurent Wauquiez, 42 ans, a remporté sans surprise le scrutin de dimanche 10 décembre dès le premier tour. Mais ces 74.6% de voix en sa faveur ne sont pas forcément un gage de rassemblement du parti.

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Laurent Wauquiez ne cache plus ses ambitions présidentielles. C’est même dans cette optique que le Lyonnais vient d’être élu leader des Républicains (LR) à tout juste 42 ans. Ce dimanche, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a obtenu 74,6% des voix dès le premier tour du scrutin. Mais avant la présidence, une tâche immense reste à accomplir : « Il faut reconstruire la droite« , déclare celui qui a déjà 15 ans de carrière derrière lui. Et qui sait à quel point son parti est affaibli et divisé, après une année de débandades électorales.

Une droite qui s’assume…

Ancien ministre de Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez a grimpé les échelons de sa famille politique à une vitesse inédite, se créant au passage des inimitiés notoires. « Il a zéro conviction mais il bosse énormément, ce qui le rend d’autant plus dangereux », déclarait à son sujet Luc Chatel au magazine Le Point. Qu’à cela ne tienne, le 31 août dernier, Wauquiez annonce sa volonté de présider LR au Figaro : « Je veux faire renaître l’espoir à droite », affirme-t-il, plaidant pour une « reconstruction sur des valeurs claires ». « Il faut que la droite soit vraiment de droite », n’aura-t-il de cesse de claironner tout au long de la campagne. Le 3 septembre, il officialise cette candidature en gravissant le mont Mézenc en Haute-Loire (43), département où il a été maire puis député.

Sa campagne électorale est une campagne-éclair. Ses deux rivaux n’ont rien de bien inquiétant : Florence Portelli et Maël de Calan n’ont pas l’expérience de l’homme à la parka rouge, qui s’est forgé sa marque de fabrique en marchant contre le mariage pour tous en 2012. Laurent Wauquiez se veut le chantre d’une droite qui s’assume. Certains lui reprochent déjà de flirter avec l’électorat du Front national (FN). Sa sortie de 2011 assimilant « l’assistanat » au « cancer » ne fait que confirmer cette « droitisation« . La présidente du FN elle-même, Marine Le Pen, l’a remarqué : invitée du Grand jury RTL-Le Figaro-LCI, elle a prestement invité Laurent Wauquiez  à « sortir de l’ambiguïté » et  à « proposer une alliance politique » entre LR et le FN.

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…et une jeunesse dorée à oublier

La scolarité du jeune Lyonnais, sans accrocs, le mène aux grands lycées parisiens de Louis-le-Grand puis de Henri-IV. Il intègre ensuite l’École normale supérieure, où il obtiendra la première place à l’agrégation d’histoire. Diplômé en droit public à Sciences Po Paris, il terminera ensuite major de la promotion Mandela à l’ENA en 2001.

Cette jeunesse parisienne, Laurent Wauquiez peine à l’assumer complètement. Refusant de laisser l’attention médiatique se focaliser sur son CV bien rempli, l’ancien étudiant du 7e arrondissement se veut le pourfendeur des « élites ». Lors d’un meeting de campagne à Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) le 25 octobre, il déclare: « Le peuple vote pour les extrêmes, et les élites, pour faire taire le peuple, ont brandi l’étendard du populisme. » Pour se rapprocher de ses administrés, Laurent Wauquiez aurait, selon Le Monde, eu recours à un coach vocal pour retrouver l’accent de la Haute-Loire…département qu’il a administré mais dont il n’est pas originaire.

Assoiffé de pouvoir notoire

Jeune premier ambitieux, Laurent Wauquiez n’a pas toujours suscité l’enthousiasme dans sa famille politique. Ancien porte-parole du gouvernement de François Fillon sous la présidence Sarkozy, puis ministre, sa soif de réussite et de pouvoir sont devenues sa carte de visite au sein de la sphère sarkozyste. Mais très vite, il agace au sein même de son cercle, jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy lui-même le remercie, en pleine campagne présidentielle de 2012.

Quelques minutes après sa victoire dimanche 10 décembre, le nouveau président de la droite d’opposition croit en ses chances de redresser le parti. « Oui, ce soir nous pouvons le dire : la droite est de retour », a-t-il clamé depuis le Tripot Régnier, son fief du 15e arrondissement. Sa première allocution de président se voulait optimiste : « Je crois au rassemblement, ce qui se joue maintenant dépasse nos destins personnels : il faut reconstruire la droite. » Le 31 octobre dernier, Gérald Darmanin et Sébastien Lecornu, tous deux membres du gouvernement, avaient été exclus du parti dans cette optique.

Mais cet activisme droitier susceptible d’attirer des électeurs frontistes déçus, à défaut de resserrer le noyau dur des Républicains, pourrait provoquer l’ultime division du parti. La victoire de l’homme à la parka rouge  « ne peut pas, en tout état de cause, représenter toute la droite » a réagi Franck Riester, co-fondateur du mouvement d’élus LR « macro-compatibles » Agir, sur France Info. « Les Républicains se sont dotés ce soir d’un président réactionnaire, (…) eurosceptique qui court après le FN », a-t-il ajouté.

 

 

 

 

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